Frayeur @6

Métro, boulot, dodoJe rentre d’un cours de judo. Quarante minutes de bonheur dans le métro parisien.
Départ de Jourdain, sur la 11, à 21 h 15. Quand je descends l’escalier, je croise un homme la braguette largement ouverte, le sexe à l’air. Je n’ai pas vu grand-chose, mais assez pour en être dégoûtée.
Dans la rame qui me mène à République, je suis assise dans une place à quatre. Sur la banquette d’en face, place de droite (côté fenêtre), un homme me regarde avec insistance. Je ne sais pas s’il me reluque ou si je l’intrigue. Je mâche avec application mes crudités en espérant avoir un air indifférent. Il me met très mal à l’aise. Il descend à Belleville. C’est parfois interminable deux stations.
À République, dans le long couloir de correspondance (en sous-sol, donc), je croise une patinette électrique qui fend la foule à bonne allure. Une première !
Sur la 8, à Grands Boulevards, montent deux gars la quarantaine alcoolisés, grosse canette de bière à la main. Un appareil diffuse une sorte de rap manouche de manière assourdissante. Ils dansent, rigolent ; mais leur joie est agressive. Je me méfie. Ils interpellent les voyageurs qui les rabrouent. La musique est trop forte pour que je sache de quoi il est question. Je suis assise sur un strapontin. Je suis la seule femme alentour. J’ignore s’ils m’ont identifiée comme telle. Je me tasse derrière mon sac de judo en me concentrant sur mon pique-nique. Ils s’approchent plusieurs fois, repartent… Je suis prête à bondir.
À Invalides, je sors comme une fusée manquant d’en bousculer un et fonce jusqu’à la cabine du machiniste. Je toque. Il ouvre sa porte. Je lui signale les deux gars. Je crains pour les femmes qui pourraient monter. Il me dit qu’il va faire un signalement.
Le métro part. Je remonte le quai. En haut des escalators, je croise un contrôle : une quinzaine d’agents de la RATP, dont quatre avec un brassard sécurité. Je sors mon passe. Aucun ne me le demande ; ils sont trop occupés avec les contrevenants du soir. Je rejoins le quai de la 13.
Le premier métro qui arrive est blindé. J’attends le suivant ; je suis aux aguets. Que va-t-il arriver encore ? Il est 21 h 55 quand j’arrive à Montparnasse où je descends ; j’ai besoin de marcher pour évacuer toute cette tension. Le square W est tranquille. Encore cinq étages à gravir. Pas de mauvaise surprise. Patton me fait une bulle. Je me pose dans mon fauteuil. Je suis saine et sauve. Le bonheur.

2 commentaires pour Frayeur @6

  • vincent

    Si le bonheur est d’arriver sain et sauf… ça craint quand même ! 🙁

    • Cécyle

      L’adversité reste un bon moyen de mesurer l’essentiel ; mais bon, je me’en serais quand même volontiers passée 😉

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