Hétéronomie @24

Dans son très intéressant livre La contre-démocratie. La politique à l’âge de la défiance, de 2006, Pierre Rosanvallon se penche sur la mise à mal du système représentatif dans les démocraties occidentales. Il cherche à dégager les caractéristiques de ce qu’il nomme la « contre-démocratie ». C’est un ensemble de dispositifs et pouvoirs visant à encadrer les dérives de la démocratie représentative.
Dans son propos, il retrace l’histoire de la démocratie en évitant deux écueils grâce à des références historiques précises. Le premier écueil est celui d’une histoire idéalisée de la démocratie de progrès politique et social continu comme un développement « naturel ». Le second est celui d’une vision réductrice de l’avènement de la démocratie comme rupture brutale avec un ancien système sans aucun lien entre eux. C’est ce qu’il reprend dans cet extrait. L’histoire qu’il dessine de la démocratie est plus riche et plus intéressante.
« À distance donc des visions étroitement diffusionnistes qui présupposent l’existence d’un « germe démocratique » dans le développement conditionnerait mécaniquement la construction des régimes modernes ; comme si une essence de la démocratie existait à la manière d’un code génétique donnant mécaniquement la clef d’une évolution. Mais à distance aussi des considérations communes sur l’évidence d’une rupture structurante entre un monde de l’hétéronomie et celui de la modernité démocratique. La prise en compte des différentes facettes de l’univers contre-démocratique invite au contraire à souligner l’impossibilité de tracer de telles lignes de partage et à considérer une histoire plus discontinue et plus complexe. »

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