Métro @25

J’ai passé les journées de jeudi et vendredi à La Défense où j’ai donné une session de cours. À cette occasion, j’ai repris le RER A emprunté quotidiennement pendant de nombreuses années. Si la foule n’était pas trop dense durant ces deux jours qui suivaient un jour férié, me sont revenus de nombreux souvenirs de mésaventures ayant eu lieu dans ce transport en commun.
L’un d’entre eux se déroulait un jour de grève des transports. Le quai de la station était plein à craquer, aussi ai-je laissé passer plusieurs trains avant de pouvoir m’approcher et monter à bord. J’avais fini par embarquer dans un RER bondé me retrouvant sur le bord du wagon avec juste un espace pour laisser la porte se fermer sauf que la porte ne se fermait pas, le train restant à quai, jour de grève oblige. La foule sur le quai attendait également le départ du train, comprenant bien que plus personne ne pourrait mettre un pied dans le wagon. Plus personne ? Et bien si.
Une femme d’une trentaine d’années entreprit de monter juste devant moi. Sans un mot, me tournant le dos, elle me poussa vers l’arrière. La pression avait réussi à libérer un espace sauf que les corps compressés derrière moi se décompressèrent aussitôt et expulsèrent la dame de la rame. Elle me regarda furieuse m’indiquant qu’elle devait absolument monter. Je lui avais alors expliqué, un peu agacé, que je comprenais tout à fait mais que, comme elle avait pu le constater, ça ne serait pas possible et qu’un prochain train finirait par arriver. Elle s’énerva un peu plus, éructant qu’elle avait un rendez-vous à La Défense (« comme à peu près tout le train du reste » me suis-je alors dit) et que par respect (elle insista bien sur le mot « respect »), elle tenait à être à l’heure.
J’avoue que l’appel au respect dans ces conditions m’avait cloué le bec pendant quelques secondes. Elle me regardait comme si elle attendait que je descendisse de la rame pour qu’elle pût « respecter » son engagement mais mon cerveau ayant fini par sortir de sa torpeur, je lui ai répondu : « C’est drôle madame mais il y a des gens pour qui le respect, c’est toujours « là-bas et tout à l’heure » et jamais « ici et maintenant ». Et là, magie du moment, les portes du RER se fermèrent, la machine se mit lentement en route me laissant juste voir mon interlocutrice d’autant plus furibarde que quelques personnes autour d’elle riaient de la scène à laquelle elles avaient assisté.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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