Individu @10

Je cherchais un sujet de billet et voilà que Le Parisien me le sert sur un plateau : « Migrants à Paris : « Nous sommes mis à la porte de notre gymnase ». » « Notre » gymnase ; pas celui de la collectivité publique ? « 1500 enfants privés de gymnastique » ; pauvres choux ! c’est vrai que c’est important la gymnastique, alors que la sécurité de cent cinquante personnes qui vivent dans la rue, c’est dérisoire. Des « personnes » ? non, pardon, des « migrants » ; ça change tout, bien sûr. De la xénophobie ? Pensez ! Le 16e est accueillant et ne souhaite simplement pas être « pris en otage » (le vocabulaire est décidément choisi).
Oh ! que je suis en colère. Ne le serais-je pas si la Ville réquisitionnait mon tatami pendant trois mois ? Je serais dépitée, c’est sûr, mais je ne me vois pas contester une réquisition alors que la vie de personnes est en danger. Peut-être que je profiterais du temps libéré pour m’engager dans l’accueil des migrants ? Je l’ignore. Il n’est pas question de me faire passer pour plus généreuse que je ne suis ; il s’agit simplement de dénoncer l’instrumentalisation de mille cinq cents enfants dans une action purement et simplement xénophobe.
— Détends-toi…
Tu as raison, Caddie ! C’est l’heure de notre révision. Tu es prêt ?

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