Rentrée @8

J’ai passé les festivités du nouvel an à Vichy en compagnie de mes amis·es. Tout s’est très bien passé et toutes bonnes choses ayant une fin, il a bien fallu rentrer. C’est précisément ce qui s’est passé hier. Départ du train à 20 h 05 gare de Vichy.
Embarquant en même temps que nous, une vingtaine de jeunes gens de moins de vingt ans rentrant probablement d’un séjour « vacances » je ne sais où. Accès à nos places réservées compliqué en raison d’âpres négociations entre lesdits jeunes (« Où est ma place ? Je veux être à côté de toi. Pardon monsieur, pouvez-vous changer de place pour que je puisse être à coté de ma copine ? Qui m’aide à placer ma valise sur le porte-bagages ?… »). Déjà le souvenir de ce que représentent ces voyages pour des filles et garçons de cet âge me chatouille le nez. Finalement, chacun trouve sa place dans le wagon. Le train part…
Très vite, un petit groupe se rassemble autour de quatre fauteuils en vis-à-vis… Ils chahutent sans trop d’éclats de voix mais arrive vite le moment où ils commencent à visionner des vidéos sur le portable de l’un d’entre eux, évidement le son audible par tous les passagers mais pas à tue-tête non plus. Je suis alors partagé entre mes souvenirs d’avoir eu à cet âge le même type de comportement (vidéos et portable en moins) et la gêne occasionnée par ce brouhaha continu, d’autant que j’ai prévu de travailler pour préparer un rendez-vous professionnel prévu le lendemain. A vrai dire, j’ai une certaine capacité à faire abstraction du bruit mais la gêne qu’il provoque sur les autres me dérange presque plus…
Un premier « shuuuut » anonyme retentit dans le wagon. Les jeunes lèvent la tête, éteignent le portable et se dispersent.
Quelques minutes plus tard, le même groupe se reforme progressivement. Le son du portable se fait à nouveau entendre… Quelques minutes passent et je sens un mouvement à l’arrière du wagon. Une ombre passe en trombe à côté de mon siège : une dame, le visage rouge d’une colère rentrée s’arrête juste au niveau du groupe, regarde le plafond du wagon, et demande d’une voix qu’elle tente de faire paraître calme : «  Je ne sais pas d’où ça vient ni de qui il s’agit mais je vous demande d’arrêter la radio. ». Et elle repart aussi vite à sa place, le wagon figé par la surprise de l’intervention, un demi-sourire aux lèvres à l’écoute du mot « radio » prononcé les yeux plantés dans le plafond… Nouvelle et dernière dispersion des jeunes gens qui ne se risqueront plus à se rassembler durant les deux heures trente de voyage restant…
De mon coté, je restais partagé, d’un côté comme si ma jeunesse venait de se faire rabrouer par la dame au visage rouge, et de l’autre comme un vieux con soulagé de ne plus entendre ce bruit de fond… Bref, en 2019, encore trop jeune et pas encore assez vieux !

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