Va chez l’gynéco @35

L’approche du 31 décembre sonne l’heure des bilans. Forcément. Que vais-je retenir de cette année 2018 ? Un événement majeur me vient sitôt, un qui finalement me permet de dire que ma vision de la vie s’est affinée dans un sens qui me va bien. L’histoire est un peu longue, je fais court.
Trois mois après la mort de mon ami Daniel d’un choc septique lié à un cancer avancé du côlon, début janvier donc, je fais le test de dépistage dudit cancer, test toujours aussi délicat pour moi (ici), sereine quant au résultat ; je n’ai pas bu une goutte d’alcool depuis quinze ans, ai arrêté de fumer il y a quatorze ans, fait six à sept heures de sport par semaine, mange peu de viande et cuisine beaucoup en mode méditerranéen… Bingo ! Test positif. Je passe les détails de l’annonce, de la peur de mourir, de mon aversion pour les coloscopies, mon anus étant la seule voie de passage que je n’autorise à personne ; je n’ai pas eu le choix.
Coloscopie. Deux heures trente d’intervention pour un foutu polype tout plat qui ne voulait pas bouger de là. Il n’est pas si gros, bénin, mais coriace me mettant à deux coups de bistouri près d’une intervention plus invasive. Une anesthésie compliquée et douloureuse. Trois agrafes. Une nuit d’hôpital. Contrôle dans six mois. Coloscopie. Un autre polype, tout aussi bénin, pas coriace. Tout va bien. Contrôle dans deux ans. Ouf ! J’ai eu mal. J’ai eu peur. J’ai été autant bien que malmenée. Une seule chose pourtant retient mon attention : je suis sauve, grâce au test systématique et à l’efficacité des équipes de l’hôpital Saint-Joseph et de ma médecin traitante. Merci.
Oui, c’est ça que je retiens : que je suis vivante ; que c’est précieux de l’être ; que je ne suis à l’abri de rien ; que je veux vivre encore, longtemps ! Je retiens également l’amour de Isabelle, Sarah, Frédéric, Johnny, Danielle et Chloé ; puis de mes judokas et des amis à qui j’en ai parlé après avoir été rassurée (à demi) par la première coloscopie. Je n’oublie pas les Mouton, Caddie, la bande, mes Tours… Je suis vivante. Voilà ce que me dit 2018. À l’écrire, je mesure un peu plus le caractère incroyable d’un tel bilan. Vivante. Et aimée. Particulièrement aimée.
Si là n’est pas le bonheur, où est-il ? Le bonheur.

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