Entendu @26

Je suis abonnée à des entretiens filmés avec diverses personnalités commentant l’actualité. Une invitée est Claire Jacquin, co-coordinatrice des Jeunes Génération·s, le mouvement lancé par Benoît Hamon. Plusieurs phrases me frappent dans ses propos, par exemple : « La jeunesse est avant tout précarisée et cela empêche la jeunesse d’envisager sereinement son avenir. » ou « C’est important mais ce n’est pas à la jeunesse de prendre ce défi en mains : ce sont les élites qui ne veulent pas de cette mixité. » (sic).
LA jeunesse : comment englober sous la même notion des enfants des cités, fils d’émigrés stigmatisés, des enfants de la classe moyenne et des fils de bourgeois ? D’habitude, quand on parle « des jeunes » sans précision, l’expression renvoie immédiatement aux jeunes qui dérangent. En affirmant que « LA jeunesse » est précarisée, cette militante valide cette interprétation, qu’elle renforce en opposant « jeunesse » et « élite ».
Sans revenir à Bourdieu et Passeron, il ne semble pas secret que les inégalités sociales offrent un avantage incontournable à certains jeunes dès le berceau. « Naitre avec une cuillère en or dans la bouche » ne semble pas une expression connue de cette jeune femme. En lançant des assertions aussi nuancées, difficile de prétendre mener des analyses ou effectuer des propositions. Ce n’est guère enthousiasmant pour envisager la relève politique.

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