Écrivaine @38

Dans un texte que je suis en train d’écrire, il y a cet enchaînement de phrases : « Sa peau est si fine. Je pourrais passer des heures à y incruster ma paume. Elle est très blanche, légèrement rosée. Ce n’est pas une peau d’albinos. C’est une peau de femme du nord de l’Europe ou de certaines régions d’Amérique. »
Mais il y a des peaux de toutes nuances dans toutes les régions du monde. Je ne sais pas si l’on peut qualifier ma phrase de raciste mais au moins, l’idée qu’elle porte est très ethnocentrée en ce qu’elle associe une région du monde à une couleur de peau. Je l’enlève. Je n’ai pas envie de cela. Pourtant, la précision que j’apportais m’est importante car elle fait directement référence au personnage que je vise, car il se réfère à une personne.
Tant pis. J’en prive mon texte ; je trouverai autre chose. Ou pas. Rien n’est plus essentiel à un texte que la justesse que lui accorde son auteur.
Cela me ramène à une info que j’ai vu passer sur Twitter et qui m’a mise devant une chose qui m’avait échappé : la couleur « chair » est en fait une couleur « chair de blanc ». Je n’y avais jamais prêté attention sans doute parce que pour l’albinos que je suis, cette couleur « chair » ne correspond à rien. Cela révèle pourtant une manière de penser la couleur de peau assez réductrice. Il serait peut-être temps de nous en indigner.

2 commentaires pour Écrivaine @38

  • Vincent

    Oulà, c’est un sujet pointilleux et compliqué que vous évoquez là 🙂
    Pour la première partie, j’entends. ^^
    Pour la seconde, je ne connais de toute façon que les couleurs primaires et secondaires 🙂 (enfin, je connais aussi Magenta et Cyan lol).

    J’espère ne pas mettre les pieds dans le plat 🙂

    La couleur de peau d’une personne, correspond avant tout à un attribut personnel.
    On peut la comparer à tout, comme la couleur des cheveux, blond comme le blé, ou noir corbeau.

    La difficulté commence lorsqu’on à la compare à la couleur de peau d’un groupe de gens.
    Ceci est le problème de toutes les « mises en boites », ou tous les « regroupement ». De la généralisation, en somme.
    La généralisation est une ombre qui plane sur l’esprit humain, et qui, il est vrai, me fait généralement peur (et on constatera que n’étant qu’un simple humain, je généralise aussi ! -_- )

    C’est une simplification (avec les qualités et les défauts liés), mais c’est aussi une des bases de la discrimination.
    La discrimination commence comme un risque. Quand elle est appliquée aux individus, elle conduit à la différentiation coupable, à l’exclusion, au racisme, aux injustices en général (encore la généralité).

    Mais cela ne doit pas empêcher de voir la blancheur et la pâleur d’une peau, ou d’être totalement submergé d’émotion devant une peau aussi pale que le soleil de l’hiver. Ou aussi noire et brillante qu’une gemmes de jais étincelante 🙂
    (Pour la peau bleue, je n’ai pas trop d’expérience personnelle lol).

    Je crois qu’il y a autant de groupe d’individus dans ce monde, que … d’individus.
    Chacun est unique. Par la combinaison de ses centaines, milliers, millions (infinie, indéfinissables ?) de caractéristiques spécifiques.
    La couleur de sa peau est l’une d’elle.
    Bien que aujourd’hui, la population mondiale est bien plus brassée que les lors des siècles antérieur, le soleil a fortement contribué, avant, et encore aujourd’hui, et au fil des millénaires, à la coloration plus ou moins prononcées des peaux, établissant ainsi un magnifique et riche panel de couleurs.
    Le regroupement des peuples, l’installation dans la durée, les cultures, l’Histoire, la transmission héréditaire de ce trait, a contribué à une répartition particulière, et aujourd’hui encore, la distribution de la couleur de la peau des individus, suit globalement (généralement…) un dégradé de l’équateur vers le nord.

    C’est un fait. Un fait ni positif ni négatif.
    En parler ne devrait donc pas constituer un début de racisme.

    Mais la prudence est de mise. Je suis tout à fait d’accord de dire que c’est limite, ou plus exactement, que c’est facilement interprétable.
    Et puis, après tout, pour les racistes, la couleur de peau est bien un fait aussi, je veux dire, parmi ceux d’entre eux qui essaient de se justifier, il en est qui prétendent aussi à se baser sur des faits scientifiques.

    Au fond, cela dépend souvent et principalement du soleil. De ce qu’il donne, de ce qui est reçu, de ce qui en est toléré, de ce qui en est accepté, de ce qui en est transformé par nous, et par le parcours de ceux qui nous ont précédés.
    Cela part de l’astre. En rayonne, si je puis me permettre 🙂

    Pourquoi alors ne pas présenter la peau de la femme en termes de soleil ? Une peau pale comme le soleil d’un long et interminable hiver, tentant de percer la permanente brume blanche sur l’horizon. Voir un soleil polaire ?
    Cela n’empêche pas la chaleur ou la brillance.

    Et puis, du point de vue du Soleil lui-même (ou elle-même, en allemand), qui se trouve à 150 000 000 de km, qui fait 100x le diamètre de la Terre, qui étends sa chaleur jusqu’à Neptune (pour le moins) à 4.5 milliards de km, et sa protection bien au-delà encore… que cela peut-il bien lui faire alors, que la poussière d’étoiles que nous somme soit né 10 000 petits km plus au Sud, ou plus au Nord ?

    • Cécyle

      Vincent, merci pour ce long développement.
      Vous avez raison au fond, on se moque de ce qui fonde le racisme… mais les personnes qui en sont victimes ne s’en moquent pas. Je préfère être de leur côté quitte à me priver d’une métaphore.
      Je note celles que vous me proposez. Je n’ai jamais trouvé le soleil pâle… mais je suis albinos ! 😉 Alors ? On verra d’ici quelques mois ce qu’il sera resté de mon texte.

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