Savoir @16

J’ai appris, dans un mélange de tristesse et de colère, que le Genepi, association pour le décloisonnement des prisons, s’est vu retirer sans préavis sa subvention par le ministère de la Justice (ici). Les associations sont malmenées par ce gouvernement dont la politique antisociale accroît la précarité et l’isolement des personnes ; les conséquences ne s’en font pas encore sentir mais, comme beaucoup, je crains que la casse systématique de cet amortisseur des politiques libérales qu’est le tissu associatif ne mène notre pays dans une spirale violences-répression qui fait le jeu des totalitarismes de droite, de gauche et de ni-droite-ni-gauche. Le Genepi n’échappe pas à la règle, dans un mélange de répression politique et d’économies budgétaires ; les deux font si bon ménage.
Si cette atteinte à son intégrité financière me fait réagir, c’est parce que j’ai connu cette association il y a… trente-cinq ans ? quarante ans ? Quand j’étais lycéenne ou étudiante, donc. Je ne sais plus si j’en avais entendu parler sur le plateau du Larzac, dans La Gueule ouverte ou en cité U ; j’étais en fac à Assas ; il y a peu de chance que les associations étudiantes de ce haut lieu de la pensée réactionnaire soutenaient le Genepi, à moins d’un militant isolé. Je ne sais donc plus mais je me souviens que je rêvais d’intégrer les rangs de cette association et d’aller en prison partager mon savoir que ma jeunesse faraude croyait immense. Cela ne s’est pas fait. Cela fait partie de mes grands regrets politiques : ne pas avoir eu le cran de me lancer. Le courage. Il va nous en falloir pour changer le monde. Beaucoup.

 

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