Brosse @39

Isabelle a consacré un billet avec une fort judicieuse analyse de l’utilisation par une femme du verbe « défigurer » en lieu et place de « dévisager » (ici). À l’occasion de ma relecture de son billet (nous relisons mutuellement nos billets avant publication), je lui ai fait remarquer qu’elle utilisait « domination machiste » plutôt que l’habituelle « domination masculine ». Elle m’a répondu : « Machiste renvoie plus à l’aspect culturel donc symbolique, je trouve. Je laisse comme ça. Tu pourras lancer le débat 😉 »
Je l’ai donc fait en commentaire :

« J’utilise plus volontiers le terme de « domination masculine », que « machiste ». Je n’aime pas le mot « macho » et le « machisme » qui va avec, sans doute parce que « macho » a été galvaudé et n’est pas utilisé de manière péjorative. Mais en regardant Antidote, il semble que « domination machiste » est particulièrement efficace vu que le machisme se définit comme « Idéologie prônant la suprématie de l’homme sur la femme. »
« L’avantage de machiste est que l’on n’incrimine pas directement les hommes, plus le système de domination… Je vais faire un billet ! 😉 »

Je trouve que le sujet mérite plus qu’un commentaire. J’utilise beaucoup le terme de « domination masculine » et, face à un homme, je remarque qu’il prend souvent cela pour lui. Je ne fais pourtant aucune attaque personnelle, ce d’autant moins que les hommes que je fréquente cherchent à éviter les comportements et propos sexistes avec moi (on se demande bien pourquoi !) Je peux ainsi avoir du mal à leur expliquer de quoi je parle car, souvent blessés, ils se braquent.
À mon sens, la domination masculine n’est pas question de sexe ou de genre ; je le disais ainsi dans mes Fragments d’un discours politique :

« (…) si je dis que l’ordre est fondé sur la domination masculine, cela ne veut pas dire que chaque personne de sexe masculin est coupable de cette domination. Il est donc inutile aux hommes de bonne intention de s’en défendre ou de chercher à aligner des gages de non-pratique dominante. La question n’est pas là. La domination masculine est une attitude collective, un « réflexe de classe », pourrais-je dire, savamment entretenue par l’ordre bourgeois, hétérosexiste et raciste qui y puise là un de ses fondements. Les personnes de sexe masculin y participent autant que celles de sexe féminin parce que promouvoir la domination masculine, c’est promouvoir l’ordre établi et qu’il demeure assez rare de chercher à dénoncer et à détruire ce qui structure nos existences. »

À la relecture de ce passage, il me devient de plus en plus évident que je parle de « domination machiste » et non « masculine » voire simplement de « machisme », système de domination par définition. Mais supprimer le terme de « domination », qui est de fait redondant, me semble amoindrir mon propos. Ah ! que c’est compliqué. Il va me falloir choisir. J’y réfléchis.

 

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