Nuage @9

Le feuilleton suite… et fin ?
Avec la canicule, convertie à la fraîcheur des pelouses, j’ai décidé d’aller dîner les soirs de grande chaleur les fesses dans l’herbe. Les parcs et jardins ferment en cette saison à 21 h 30, Montsouris ne ferme pas en été, d’autres espaces verts ne ferment jamais. Cela me laissait le choix de la pelouse et des épopées ! On croit souvent que l’aventure est à l’autre bout de la terre quand finalement, une demi-heure de marche à pied y suffit. C’est meilleur pour le bilan carbone.
J’ai commencé par le parc Montsouris avec l’idée que je pourrais rester tard. La pelouse était agréable bien qu’un peu encombrée. Par contre, j’ai été contrariée par l’idée de m’y faire enfermer, les gardiens bouclant les issues principales à 21 h 15 ; j’ai un peu peiné à trouver une sortie. Le lendemain, j’ai donc décidé d’aller dans les jardins de la cité internationale ; là, l’herbe était sèche et rase ; et l’endroit désert. Je me rends compte que je n’aime pas plus la foule que les zones dépeuplées ; le juste milieu est souvent difficile à trouver.
Pour marcher moins, j’ai ensuite opté pour le square W. Je me suis d’abord installée dans l’amphithéâtre. La présence d’un jeune homme avec un gros chien qui s’amusait à effrayer les gamins m’a fait changer de place. Le chien était sans doute gentil ; je n’avais pas moyen de le savoir ; par contre, son maître ne me semblait guère civil. Je me suis alors assise sur la pelouse où je fais mon sport. C’était bien. Un soir suivant, je suis allée au parc George Brassens. Là, je me suis d’abord établie sur un endroit très prisé des corneilles. Sans être agressives, elles me cernaient. J’ai vite compris que j’étais assise sur leur dîner, soit sous un arbre producteur de sortes de petites pommes qui étaient tombées à terre.
Je suis allée une pelouse plus loin, les corneilles ont repris leur droit à l’instar d’un groupe de paroissiens, d’une église évangéliste je pense, qui se sont mis à chanter des hommages à Jésus sur des rythmes de gospels, lamentations et guitare en prime. Deux agents de la Ville sont passés sans en prendre ombrage, ce qui a eu le don de me contrarier. Que serait-il advenu si ces paroissiens avaient été autres que chrétiens, musulmans par exemple ? On aurait à coup sûr eu droit à une descente du GIGN… deux poids deux mesures ; j’en rage.
Quelques jours plus tard, je suis allée manger ma salade au square Saint-Lambert. Pour cette fois, ce sont des guêpes qui ont un peu gâché la fête. Impossible de prendre une bouchée sans en avoir une sur la fourchette ! Le temps était à l’orage. Est-ce pour cela qu’elles étaient si agressives en dépit d’un déménagement dans un autre square, à quelques centaines de mètres ? Le temps ne l’était pas le vendredi suivant au jardin des Grands Explorateurs pour une soirée d’observation des étoiles mais là, les insectes vivant en ce lieu ont été particulièrement gourmands des peaux humaines.
Depuis, il fait plus frais ; je mange ma salade dans mon salon avec Patton. Pour l’instant, aucune aventure particulière. Mais finalement, la tranquillité n’en est-elle pas une avec ses moments de joie, de solitude, ses grandes et petites satisfactions de l’âme, le temps qui s’écoule et que l’on arrive à savourer, ou pas ? Ça se discute.

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