Route @13

Lors de mes dernières vacances, j’avais prévu une virée à Marseille pour voir des amis après les longues randonnées. Billets pris, tout était calé. Arrivée à Marseille le samedi 14 juillet et retour à Paris le mardi suivant.
Le samedi matin, me voilà à la gare de Mende une bonne demi-heure avant le départ pour Nîmes où m’attendra la correspondance. Je me prépare donc sereinement à un périple de plusieurs heures vers le Sud, jusqu’à ma déconfiture devant la suppression de tous les trains partant de cette gare. Une affichette indique une grève régionale ce jour-là et la veille, sans compter des perturbations le lendemain pour « défaut de production ». J’étudie les informations et me rends vite compte qu’il n’y a aucun car pour aller jusqu’à Nîmes. Ceux qui vont dans cette direction s’arrêtent bien avant.
Plusieurs personnes sont comme moi, surprises. D’autres ont eu cette désagréable nouvelle la veille et attendent quelqu’un venant en voiture pour un transport en covoiturage trouvé via une appli dédiée. La prochaine voiture allant dans le Sud part à 17 heures de Mende. À la gare, il n’y a personne au guichet, jour férié oblige. Le numéro surtaxé est très occupé et ne me permet que de dépenser des euros en vain. L’application SNCF me confirme qu’il n’y a aucun moyen de rejoindre Marseille le jour même. Je pourrais le lendemain en journée (neuf heures trente de trajet !) ou en soirée en moins de temps, donc en arrivant à Marseille pour y passer moins de quarante-huit heures. L’amie à Marseille évoque la location d’une voiture pour venir me chercher à Nîmes si je peux y arriver, mais le loueur du coin est fermé, jour férié oblige.
Bref, je retourne les solutions dans tous les sens et opte pour l’une d’elles, plus radicale, mais me permettant de ne pas rester bloquée ou de passer trop de temps dans les transports durant ce week-end enchaînant fête nationale et finale de la coupe du monde de football avec l’équipe de France. Je reprends le travail le mercredi matin. J’ai la possibilité de rejoindre Clermont-Ferrand en car (plus de trois heures) pour y prendre un train (plus de trois heures) dans lequel il reste des places, ce qui n’est pas le cas de tous les trains, après une attente à la gare (d’une heure trente).
Cécyle commande mon billet de chez elle et je vais donc déjeuner à Mende avant d’entamer mon périple. J’arrive fourbue à Paris vers minuit. En rentrant chez moi, je me penche à la fenêtre et vois le feu d’artifice sur la Tour Eiffel. Me voilà abruptement de retour. Cela a été un peu rude, car sans décompression entre mes journées en solitaire et ma vie parisienne. J’étais déçue de ne pas avoir vu les amis à Marseille et profité de leur connaissance et amour de la ville pour la découvrir auprès d’eux et me régaler de la mer après la montagne.
Le lundi, je suis passée dans une boutique SNCF où l’employée était très sympathique. Elle m’a expliqué comment me faire rembourser les billets non utilisés et tenter un remboursement de ceux achetés pour rentrer en dédommagement. Il n’y a plus qu’à attendre…
Cela finit donc bien avec des amis pour m’aider à réfléchir et choisir, de l’argent pour avancer le prix des billets, de l’amitié pour dépasser cette déception. J’ai de la chance d’avoir tout cela, c’est précieux, pas seulement financièrement parlant.

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