Écrivaine @36

Je travaille sur ma nouvelle en [e-criture] du mois d’août (ici). Ma phrase :

« Cela fait huit jours qu’elles sont installées à flanc de montagne avec rien d’autre à faire que se reposer, se balader, observer la nature en mouvement, vaquer aux tâches quotidiennes, faire l’amour. »

La répétition du verbe « faire » m’agace. Je corrige ; deux sur trois sautent.

« Elles sont installées à flanc de montagne depuis une semaine avec rien d’autre à faire que se reposer, se balader, observer la nature en mouvement, vaquer aux tâches quotidiennes, s’aimer. »

Mais, est-ce la même chose que « s’aimer » et « faire l’amour » ; par euphémisme, oui ; mais n’est-ce pas là une manière de camoufler l’aspect sexuel des choses (puisque c’est ici mon sujet), ce qui ne va pas à la visibilité de la sexualité lesbienne que je valorise depuis vingt ans. Pour cette fois… L’écriture est politique ; chacun sait. La question est : faut-il céder au texte au péril du choix politique ?
Le souci, du point de vue de l’écriture, c’est que « faire l’amour » peut facilement se remplacer, plus en tout cas que « rien d’autre à faire ». « Baiser », « s’entreculer », « forniquer », « foutre »… j’arrête là ma liste. Rien ne me va. Vais-je laisser l’euphémisme ? Je le crains. Ferais-je parfois des concessions politiques au texte ? Mon horoscope de ce matin me proposait des « erreurs de discernement ». Voilà. C’est fait. Ma journée peut se poursuivre dans la quiétude.

Envoyer un commentaire

 

 

 

Vous pouvez utiliser ces balises HTML

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>