Entendu @23

Je suis allée, comme chaque année (ou presque) écouter les Gamme’elles lors de leur concert annuel au festival Les voix sur Berges (ici). Elles étaient installées, quai de Valmy, en contrebas du pont, dans le petit espace vert à fleur d’eau qui ne dispose que d’un arbre et quelques brins d’herbe. Un muret permet au public de s’asseoir.
Je suis arrivée en retard et suis allée m’installer sous l’arbre, assise à même le sol. J’étais dos à la chorale. Le son passait mal mais je n’avais pas le choix si je voulais être à l’ombre. Derrière moi, sur le muret, était installée la chorale suivante, une vingtaine de sexagénaires tout en rose et blanc.
— Et blablabla. Et blablabla…
Mes voisins médisent des jeunes sous nos fenêtres. Eh bien ! moi, je médis des vieux qui, quarante minutes durant, n’ont eu aucun respect pour les Gamme’elles ; ils parlaient fort, riaient, chatonnaient parfois, avec, en cerise sur le gâteau, un qui s’écrire sans succès :
— On pourrait applaudir quand même !
Quand même.

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