Résistance @13

Après une assemblée générale inquiétante, l’élection d’un nouveau bureau puis la démission à quelques semaines d’intervalle des fonctions de président du Centre LGBT de Paris et d’Île-de-France de Flora Bolter puis de James Leperlier, je me suis vue contrainte de démissionner de mes fonctions de référent Web dudit Centre. Contrainte ? Oui. J’agis toujours par conviction, pour défendre ce que je crois juste, je défends des principes au péril parfois de mes propres désirs. En l’espèce, il y a l’aspect politique et institutionnel des choses : un bureau qui renie ses propres actions et engage une politique contraire au vote de l’assemblée générale. Je m’en suis exprimée ici. Rien depuis ce communiqué n’a démenti mes inquiétudes.
Mais il y a l’aspect humain surtout. Ce n’est pas la première fois que je renonce à mes fonctions dans une organisation parce que je n’accepte pas la violence qui préside à son administration : vexations, injures à peine camouflées, harcèlement, dénigrement allant parfois jusqu’à la diffamation avérée… Si mes souvenirs sont bons, c’est la troisième fois que cela m’arrive en quarante ans de militantisme actif. Chaque fois, le déchirement est total. Je me trouve confrontée à de la violence personnelle et institutionnelle de la part d’organisations dont les buts sociaux sont de lutter justement contre les violences, contre les discriminations, pour l’éducation populaire… pour un monde plus juste, en somme. Je vois des personnes souffrir sans aucune nécessité si ce n’est flatter l’ego de quelques butors en mal de reconnaissance et de pouvoir.
Cette situation m’est insupportable. J’essaie d’être loyale à l’égard des organisations que je soutiens et avale souvent des couleuvres. Mais la limite de ma loyauté se trouve dans la violence exercée et la souffrance qui en résulte. Cela me renvoie sans doute au suicide de mon père que je n’attribue pas aux maltraitances professionnelles qu’il a subies dans une grande association d’éducation populaire considérant qu’un suicide relève d’une souffrance psychique qui vient de plus loin que des faits du quotidien. Ces faits, pourtant, agissent comme des déclencheurs et le les dirigeants associatifs violents portent une part de responsabilité dans les dépressions qu’ils ont pu alimenter.
Je quitte donc le Centre LGBT, parce que je n’ai pas envie de cautionner une politique qui n’est pas celle votée par l’assemblée générale d’avril ; et parce que je refuse de participer, même très indirectement, par ma seule passivité que constituerait le fait de ne pas les dénoncer, à ces méthodes délétères. Je dois d’ailleurs convenir que bien que ne me touchant pas directement, elles m’affectent ; aussi parce que je suis contrainte de quitter une fonction qui m’était importante tant le contexte de mon action depuis quelques semaines contrevient à mes principes et à mon engagement au monde.
Je suis triste en écrivant ces lignes. Je suis triste pour les personnes blessées ces dernières semaines, triste de renoncer à mes activités militantes, triste pour le Centre qui file un mauvais coton. Oh ! il sera sans doute le seul à s’en remettre vraiment tant les institutions ont ontologiquement vocation à survivre et à renaître de toutes les cendres. À quel prix ? L’histoire le dira. Et Petit Mouton reconnaîtra les siens.

3 commentaires pour Résistance @13

  • Michèle Chazeuil

    Et bien !…, je parole dans les pointillés pour dire que, dans mon assoce de tango, nous venons de démissionner à 10 ! Pour nos professeurs que nous apprécions au plus haut point, nous re-créons une association… ! C’est plus facile que pour LGBT, bien sûr !

    • Cécyle

      Et moi qui croyais que la musique adoucissait les mœurs ! 😉

      • Isabelle

        Le tango est plein de sang chaud latin, faut pas se laisser mener (même quand on ne conduit pas la danse) 🙂

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