Course @28

Depuis début janvier, je traîne la patte quand je déroule : douleur non identifiée invalidante au quadriceps après douze minutes (pas onze, pas treize, douze) ; syndrome rotulien après l’épisode de la perceuse. Johnny, mon champion (3e aux France FSGT, tout de même), m’a indiqué de courir, après un bon échauffement dans mon salon, avec des « pauses actives » : huit minutes de courses ; deux minutes d’autres choses (pas chassés, tsugi ashi avant et arrière, pompes, abdos…). Je profite des trois city stades sur mon parcours pour faire cela. J’utilise également un peu les agrès dans le Square W par petites séquences de cinq minutes.
Le système Johnny tue. Quand on court, on se met très vite en mode automatique (au moins moi). Les dix premières minutes sont un peu raides puis, jusqu’à cinquante minutes, le corps court tout seul sans que je ne ressente vraiment l’effort. Après, c’est plus dur mais il est rare que je coure aussi longtemps. Arrêter toutes les huit minutes, c’est en fait repartir à zéro à chaque fois et, comme je fais de gros échauffements préventifs de vingt minutes, j’arrive vite avec les pauses à une heure de sport et rentre cuite pour faire quelques étirements que je savoure d’autan.
D’un autre côté, le fait de regarder le chrono, de s’arrêter dans les city stades, de se poser sur le rameur ou l’elliptique assis, me donnent un autre rapport à l’environnement. J’entends mieux les oiseaux, je sens le moindre souffle d’air, je regarde passer les gens, je caresse parfois un bosquet de fleurs… Cela m’a donné envie de faire ma séance de gym dans le square W, près des agrès. Il y a là un terrain de jeux à sol mou pour enfants, une sorte de ponton en bois. Et si je prenais Caddie par la main après l’avoir rempli d’un tapis, une serviette, le bâton pour les rotations, l’élastique de Christian, les poids à 1,5 kg pour les exercices debout, ceux à 2 kg pour les exercices au sol…
J’y ai passé une heure quinze l’autre dimanche, enchaînant mes exercices habituels avec des séances sur les agrès. Il était presque tôt. Les oiseaux étaient nombreux. Le premier que j’ai entendu a fait un bruit comme un applaudissement. Merci ! Des pies sont passées, des corneilles. Dans un arbre, j’ai entendu comme un bruit de vieille radio qui crachote, siffle et crachote encore… J’ai savouré chaque bouffée d’air, écouté le silence, comptant mes exercices. Il y avait là une dame faisant une sorte de Tai-chi, un monsieur qui faisait des exercices debout, puis un autre qui a fait cinq minutes de vélo.
Au moment où je suis passée au sol, pas trop rassurée (je me sentais vulnérable), le jardinier est arrivé nettoyer l’espace pour enfants. Parfait. J’avais un protecteur. Petit à petit, les bruits se sont multipliés. Les promeneurs de chien sont apparus. Des cyclotouristes sont passés. Quelques promeneurs pressés ou non. Très peu de voitures… Et toujours, les oiseaux, les feuilles qui roulent, les craquements inconnus, les annonces de la gare Montparnasse, les trains qui arrivent ou partent. Oh ! que c’était bon tout ça. J’ai fait la triangulation et je suis rentrée avec une seule idée : recommencer !

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