Gamine @19

Dans une salle d’attente d’un centre de santé, j’ai vu une affiche de la campagne « Tu m’aimes, tu me respectes ! » (ou #TMTR) du Centre Hubertine Auclert. Un dessin montre deux personnages sur un canapé, l’un étant penché et avec ses mains sur l’autre qui fait la moue. Le slogan est « Quand c’est non, c’est non ! » (le deuxième « non » remplaçant un « oui » barré).
Toute la campagne tourne autour des attitudes et comportements de proches condamnables par leurs façons d’imposer leurs points de vue ou envies aux autres, notamment aux femmes. Le site propose des clips qui mettent en scène des exemples. Cette affiche pointe plus précisément « les viols, tentatives de viols et agressions sexuelles » en précisant qu’ils sont punis par la loi.
La campagne mélange la question du respect et de l’infraction légale (délit voire crime). Pourquoi le préciser ? Le principe pédagogique derrière l’impératif « Tu m’aimes [donc] tu me respectes » ne suffit donc pas. Il faut ajouter la menace de la répression légale. Peut-être qu’un lien causal explicitant que parce que le manque de respect de l’autre (de ses envies, de ses désirs, de ses attentes…) touche à un principe essentiel alors la loi le punit serait plus intéressant qu’une juxtaposition.
Il n’est jamais facile de lutter contre les violences faites particulièrement aux femmes et on sait qu’elles sont souvent le fait de proches. Mais ma première réaction a été de penser que même si on n’aime pas quelqu’un, on le respecte. C’est un principe de reconnaissance de l’humanité en l’autre. Le respect n’est qu’un seuil minimal de relation à l’autre, bien en deçà d’une relation avec un peu ou beaucoup d’amour. Dans de nombreux cas, celui (souvent celle) qui aime est la victime, l’autre n’étant qu’une recherche de domination, une soif narcissique, une volonté de pouvoir. Certes, il y a sans doute aussi ceux qui aiment, mal, parce (explication souvent servie), ils n’ont connu que ce genre de relations aux autres dans leur enfance, mais il me semble qu’au final on peut considérer que la violence exclut l’amour, dont les preuves sont alors absentes ou oblitérées par les actes « irrespectueux ».
La campagne s’adresse aux coupables qui ont toutes les chances de ne pas se reconnaître. J’aimerais une campagne incitant les victimes à s’insurger contre ceux qui, justement par de telles attitudes, montrent qu’ils ne les aiment pas et les qu’il faut les refuser, les rejeter, les fuir, les combattre, les dénoncer. Arrêter de parler d’amour quand il y a violence, viol, donc violation de ce qui est l’amour, c’est-à-dire de l’attention et de tout ce qui justement va au-delà du respect.
Quémander le respect, est-ce à dire qu’aimer ou être aimé peut ne se réduire qu’à ce seuil minimal de relation ? Dure vision de l’amour, désenchantée, mais peut-être réaliste.

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