Lesbienne @21

À propos de ma violence (ici), j’ai rompu une fois ma promesse de ne pas frapper quelqu’un après le suicide du fils du boulanger. Ce n’était pas longtemps après. Je vivais dans une résidence universitaire, rue Dareau, à Paris. J’avais comme très bonne amie Anne-Marie, une étudiante de Perpignan, en couple avec un petit con violent très jaloux.
J’ignorais mon homosexualité, à l’époque. J’avais des amitiés féminines très fortes, des relations amoureuses avec des garçons très décevantes. L’idée que je puisse être lesbienne a néanmoins dû attendre plusieurs années encore pour germer. Je ne sais pas pourquoi, ce d’autant que j’ai dès mon enfance été baignée dans un environnement positif à l’égard de l’homosexualité.
Passons.
Anne-Marie donc. Elle avait pas mal de soucis avec son copain dont elle était follement amoureuse. Il l’empêchait de sortir, la frappait parfois. Elle venait alors se réfugier chez moi et nous passions de longues heures à bavarder ou à travailler chacune sur nos études respectives.
Un jour qu’elle était chez moi, nous écoutions Fernand Raynaud en riant fort. Son petit con est arrivé, a toqué à la porte. Anne-Marie m’a dit de ne pas ouvrir. Il a toqué et toqué tant et si bien que j’ai dû ouvrir, l’un de mes voisins s’inquiétant de ce qu’il se passait. Anne Marie est sortie dans le couloir. Il l’a giflée devant moi, puis a glissé sa main dans son pantalon.
— Tu mouilles ? s’est-il inquiété.
Je me suis interposée, criant je ne sais plus quoi pour exprimer mon indignation, et lui en ai collé une direct en lui disant de se tirer. Il est parti. Seul. Anne-Marie est restée un peu chez moi, choquée, et est rentrée dans sa chambre. Elle m’a raconté le lendemain qu’il l’avait chopée dans la soirée et lui avait mis une belle dérouillée.
J’ai toujours pensé que si je n’avais pas giflé ce petit con, je lui aurais épargné une soirée de coups. Mais comment faire autrement ? Elle ne me l’a en tout cas jamais reproché.

2 réflexions sur « Lesbienne @21 »

    1. Cécyle Auteur de l’article

      Oui, vous avez raison.
      Je me demande toujours comment intervenir. Une fois, dans un restaurant, des personne sont intervenues dans une dispute de couple violente. Le couple est parti. La femme est revenue plus tard, indiquant que l’homme l’avait virée, demandant une solution à ceux qui était intervenus. Ils n’en avaient pas.

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