Kendo @41

La semaine précédant le Kagami Biraki du Comité de Paris de judo où j’accompagnais plusieurs camarades de club venus recevoir leur grade, je suis allée avec mes professeurs à cette même cérémonie version Fédération française de Judo, cette fois. Ces vœux sont une grande rencontre nationale entre hauts gradés, c’est-à-dire celles et ceux qui portent la ceinture rouge et blanche du 6e au 8e dan, rouge à partir du 9e.
Le passage au 6e dan comprend un examen technique mais, à partir du 7e, tout se fait sur dossier. Le parcours et les connaissances techniques du candidat sont bien sûr pris en compte mais ces attributions ont une dimension politique non négligeable. Une fédération sportive, comme toute institution, a ses élus, ses enjeux, ses conflits, ses finances… Il semblerait (conditionnel tout de même) que certains hauts gradés se verraient refuser des dans car ils sont en conflit avec les instances du judo quand d’autres se le verraient attribuer car ils ont de particulières bonnes relations avec lesdites instances.
J’ignore ce qu’il en est concrètement mais il est au moins un point sur lequel je suis catégorique : l’entre-soi fonctionne parfaitement entre hommes (plutôt blancs quoi qu’en dise Christian). Parmi les promus de cette année présents sur le tapis (une quarantaine), il n’y avait que des hommes. La rumeur courrait qu’une femme aurait dû être là pour se voir remettre son 8e dan. Elle n’y était pas.
Cette absence totale de femmes se retrouvait également dans les officiels, présidents de ceci, cadres de cela, représentants de… C’en était choquant. Dans le vestiaire, j’ai posé la question à une haute gradée qui se changeait en même temps que moi. Elle m’a confirmé leur sous-représentation par rapport aux licenciées femmes (35 % je crois), et les médaillées dans les compétitions internationales. Une autre haute gradée est arrivée, s’est mêlée à notre conversation pour nous dire qu’elle s’en était ouverte à nos dirigeants qui avaient argué que le judo féminin est moins ancien que le masculin. Les premiers championnats du monde féminins ont eu lieu en 1980, 1956 pour les masculins.
Quand on est compétiteur on est en général 2e dan, ou 3e. Il existe des âges plancher pour chaque grade, et un temps de latence entre chacun. Pour le 6e dan, il faut attendre d’avoir 45 ans et avoir passé 8 ans dans le 5e. Une compétitrice qui avait 20 ans en 1980 a aujourd’hui 67 ans. Cela lui laisse largement le temps d’être 7e, 8e voire 9e dan (il faut dix ans entre chaque). Et il y avait des judokas femmes bien avant 1980. L’argument ne tient donc pas. Y en a-t-il d’autres ?
À part le sexisme qui imprègne le monde du judo, je ne vois pas. Je le vis au quotidien dès que je sors de mon club où il existe mais est très contrôlé par Joëlle et nos professeurs. Je me souviens aussi des déclarations de David Douillet, « Pour moi, une femme qui se bat au judo ou dans une autre discipline, ce n’est pas quelque chose de naturel, de valorisant. », qui l’assumait parfaitement, « On dit que je suis misogyne. Mais tous les hommes le sont. Sauf les tapettes. » Que faire ? Ce serait chouette que Joëlle soit 6e dan. Chiche ?

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