Extravagance parisienne @38

J’ai pris un verre dans une brasserie plutôt cossue avec Isabelle l’autre soir. Nous étions dans un coin reculé, bien au chaud. Nous devisions. Isabelle s’interrompt.
— On a de la visite. Une souris.
Elle n’a pas crié. Cela me rassure. Je lui demande où. Elle me montre la rangée de tables à ma gauche. Je vois passer un courant d’air. Je me concentre. La souris revient, s’approche près d’une table occupée par deux personnes, repart. Elle va moins vite. Je l’entrevois. Je ne crie pas non plus. Cela ne sert à rien. Ce qui m’inquiète le plus est de ne pas la voir.
Je raconte à Isabelle que l’autre jour, nous chassions les souris qui se sont installées au local des locataires. Une est sortie de sous le piano. Muriel a crié. La souris a couru vers Françoise qui était à la porte de la cuisine. Au passage de la souris, elle l’a simplement écrasée du plat du pied. Cela ne m’a pas étonnée ; elle a récemment coupé un rat en deux d’un seul coup de pelle ; l’animal terrorisait nos deux gardiens qui ne savaient pas comment le sortir du sas jouxtant un ascenseur.
La souris revient, repart. Isabelle me fait l’audiodescription de ses allées et venues. Elle s’approche de notre table. Ma veste est tombée par terre. Je crains qu’elle n’investisse une de mes poches. Isabelle me rassure : la revoilà. Je repose ma veste sur le dos de ma chaise. Le garçon passe. Je l’informe de la présence de la souris.
— Ah ? Cela fait longtemps que l’on n’en a pas eu. Je vais le signaler.
Il repart.
Menteur !
Menteur ?
Il y aurait eu 5 millions de rats à Paris en 2013. Peut-être moins en 2016 et aujourd’hui. Combien de souris ? Suffisamment pour qu’elles soient présentes dans tous les lieux où elles trouvent de quoi se nourrir ; commerces alimentaires ; restaurants ; café… Miam !

Envoyer un commentaire

 

 

 

Vous pouvez utiliser ces balises HTML

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>