Arc-en-ciel @13

La synchronicité (encore elle) a voulu que Johnny, le champion de Cécyle (ici) lui ait envoyé ce très beau texte la veille du jour où elle publiait son billet « Préférence @3 » (). Quelle belle leçon de vie et de joie ! Il a toute sa place en Hétéronomie.
Merci, Johnny, pour ces pensées heureuses. Notre champion !

« On ne juge pas un homme sur le nombre de fois qu’il tombe mais sur le nombre de fois qu’il se relève » Jirono Kano.

La vie marque chacun de nous du sceau de la souffrance, cependant, certains en sont plus marqués que d’autres. Je ne prétends pas être le plus fort ou le plus malheureux, loin de là. Malgré tout, je me suis battu, les danses nuptiales avec le danger, le travail, la misère je les ai connus. Oui j’ai vécu des épreuves. Mille fois je suis tombé et mille fois j’aurais pu ne jamais me relever. C’est ainsi que je me suis construit. Au grès des rencontres de la vie. La mort, l’amour, l’amitié, l’esprit… Mon papa. Mon seul désir est d’avoir l’opportunité de te dire que je t’aime. Je ne désire pas te dire tout ce que j’ai accompli, mais, simplement, avec humilité, te dire que tu me manques. Je ne retiens que les moments joyeux, instructifs et passionnants que nous avons vécus ensemble. Toutes ces histoires que tu m’as racontées ont fasciné mon imaginaire, tous nos débats ont construit mon esprit critique, tes confidences ont élaboré ma personnalité. Papa. J’ai rencontré de grands hommes sur ma route. La vie t’écorche, t’enlève ce à quoi tu tiens le plus mais elle peut donner. La vie c’est avoir le temps devant soi de réaliser ses rêves. Ou plutôt de les construire. J’ai eu la chance, la motivation, l’abnégation de donner le jour à certains de mes rêves. J’ai été heureux d’atteindre mes objectifs mais il me semble que les meilleurs moments ne sont pas ceux sur le haut de la montagne mais tout le chemin parcouru pour y arriver. Tomber, se relever, courber l’échine, vivre avec l’espoir de ce rêve, ressentir l’amour de ses proches qui nous encourage, imaginer le monde différemment, sentir sous ses pieds les gisements des risques. J’ai vécu tout ça, à des degrés variables, et je reste persuadé que ce qui compte c’est le processus, les moyens mis en œuvre et pas la destination finale. Papa, te souviens-tu de ce tour du Monde ? Quelle était votre destination ? Nulle part mais les images que tu en as gardées étaient magnifiques. Je désire vivre, m’évader, flirter avec la vie dans ses abysses et dans ces cieux, rencontrer le monde, porter et confronter mes idées, donner de la joie autour de moi, recevoir l’amour de ce monde.
Les réussites d’une vie ne doivent jamais être épurées, il est indispensable de ressentir de la fierté. Prendre le temps de s’arrêter, de regarder la symphonie qu’on a réalisée. Chaque jour est une note, aiguë ou grave, événement-dépendante mais qui est présente et doit être jouée. Prendre le temps de s’arrêter, de crier toutes nos réussites. Nous avons réussi à vivre, nous avons réussi à aimer, nous avons réussi à réfléchir, nous avons réussi à choisir, nous avons réussi à supporter le poids de nos choix, nous avons réussi à nous construire, nous avons réussi. Il est indéniable que notre société nous impose des codes de réussites sociales, économiques, familiales, administratives, pécuniaires… mais que nous impose la nature ? De vivre. Et de préférence de vivre heureux. De survivre dans un monde hostile. Si notre cœur bat à tout rompre dans notre poitrine alors nous sommes vivants. Et si, tous les cœurs battent en échos, nous sommes tous unis pour nous affranchir des codes qui détruisent nos vies. Aider quelqu’un à porter sa valise, indiquer un rayon sont des gestes quotidiens, que nous pourrions subjectivement nommer anodins. À la contradiction que nous avons donnée, un tribut immatériel à quelqu’un, une forme d’énergie positive qui pourra faire sourire, soulager d’un poids, réconforter, donner de l’espoir… Tel un effet papillon. Je crois aux petits gestes, je crois aux petites pierres fondatrices qui construisent des édifices magistraux. Je crois en la beauté de l’être humain.

Johnny D.

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