Grand homme @22

Cela devait arriver. J’ai encore pleuré.
Johnny s’est qualifié début novembre pour les championnats de France 2e division. Nous devions, le samedi précédent cette compétition, aller déposer une plaque sur la tombe de Daniel. La plaque n’était pas prête. Elle l’était le samedi suivant, jour de championnat.
Romuald et Hervé m’ont convaincue que nous pouvions faire l’aller et retour sur Le Mans et être à Paris à 13 h 30 pour le début de la compétition. Moi qui n’aime pas la voiture… rendez-vous 7 h 40 porte d’Orléans. Cimetière de l’Ouest 10 h 10. Il y avait du muscle autour de la tombe de Daniel (en plus des quatre bonnes sœurs qui l’entourent — de la gourmandise !) Nous avons blagué avant. Nous avons blagué après. Le silence était lourd pendant, un silence d’amour et de peine.
Daniel.
Retour sur les chapeaux de roue sans pause pipi. Kebab express. Arrivée à l’institut du judo dix minutes après l’appel. Johnny n’avait pas encore combattu. Ouf !
Quand il est monté sur le tapis, mon émotion contenue le matin est montée avec lui, forte, incompressible. La vie était là, avec Johnny, mon champion. Il allait gagner. Il a été pris au sol très vite. J’ai vu à la jumelle sa main taper. J’écris ce billet depuis les tribunes. Il peut être repêché. Cela dépend de l’avancée de l’affreux qui était son adversaire. J’ai encore les larmes aux yeux. Je pleurerai mieux tout à l’heure. Là, je soutiens mon champion.
Aller Johnny !
Mon champion.

Note : Johnny a été repêché puis a perdu au deuxième tour en se battant comme le champion qu’il est. Lui est très déçu. C’est un gros travail d’arriver en championnat de France D2, beaucoup de temps, de souffrance aussi. Il a la sensation de ne pas en avoir été récompensé. Moi, je suis fière de lui, très fière !
Johnny.
Mon champion.

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