Individu @8

Le 18 septembre dernier, je suis allée à la réunion du Comité local de sécurité en représentation de mon amicale de locataires. Je crains toujours ces réunions dont il ressort que je vis au Far West, ce qui ne correspond pas à la perception que j’ai de mon quartier. Certains de mes voisins, en effet, rivalisent toujours de faits (avérés ou non) qu’ils émaillent de commentaires destinés à noircir le tableau. Cela me met toujours en rogne et je me fais à chaque fois remarquer en dénonçant les dérives sécuritaires et l’absence de réelle politique sociale.
Cette réunion n’a pas échappé à la règle, ce d’autant qu’était présent un représentant du FN, ancien militaire, bien connu dans le quartier pour ses prises de position aussi racistes que sécuritaires. Je le soupçonne d’ailleurs (sans preuve, j’avoue) de participer à l’apparition de tags xénophobes dans le quartier, dont j’ai parlé ici. Une fois encore, l’homme a d’emblée désigné le foyer de travailleurs comme directement responsable de l’insécurité et des trafics. Il a d’ailleurs parlé de « foyer Sonacotra » ; toute une mythologie !
Il a ouvertement stigmatisé ces travailleurs, à majorité noirs, on l’aura compris, comme étant au cœur des trafics, insistant sur les dangers que ce foyer cristallisait, utilisant le terme de « faune » à l’endroit de ces riverains et de leurs visiteurs, demandant à mots couverts sa fermeture ou moins celle de la salle de prière qu’il héberge. Le propos n’était pas ouvertement raciste (pas d’injures directes) mais truffé d’insinuations et de suggestions de « Grand Nettoyage » ; c’est tendance.
À la fin de la réunion j’ai profité de la cigarette que fumait madame ma maire pour la remercier d’avoir fait enlever les tags en question et lui faire remarquer qu’un délit avait été commis devant trois OPJ (dont le commissaire en personne) sans que ce monsieur ne fît l’objet d’un rappel à la loi, en l’espèce celle qui condamne l’incitation à la haine raciale (). Notre conversation était privée ; je ne peux donc m’en prévaloir. Dans la foulée, j’ai interpellé une femme policier encore présente, lui faisant la même remarque, insistant sur le fait que nos « jeunes » n’étaient pas forcément les seuls délinquants du quartier. Elle a souri, gênée… très gênée.
Des voisins étaient là ; ils m’ont tirés par la manche pour que l’on rentre ensemble. J’irai à la prochaine réunion si je peux. Ce monsieur raciste sera-t-il recadré s’il recommence (il ne s’en privera pas, convaincu de son impunité). Suspens.

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