Individu @7

Je vous avais raconté l’histoire de cet homme qui avait tenté de m’embrasser dans l’ascenseur… ici. L’histoire a une suite.
Un après-midi d’août, je rentre chez moi et rencontre dans le hall une de mes voisines, vieille dame au look un peu néo-soixante-huit, gentille mais toujours en souffrance. On discute un peu. J’appelle l’ascenseur. Il vient. Je le laisse repartir une fois. Je le rappelle, il revient. Je fais trois pas à l’intérieur et s’y glisse alors derrière moi un homme qui salue de manière bizarre ma voisine, puis moi. Je le reconnais ! C’est le gars de la dernière fois.
Je ressors aussitôt de l’ascenseur, indiquant à mon interlocutrice que j’ai oublié de lui dire quelque chose. Les portes se ferment. Je lui explique alors que cet homme a essayé de m’embrasser. Elle prend un air coquin.
— Vous embrasser ? C’est chouette !
— Il ne m’a pas demandé mon avis.
— Oh ! quand un homme veut nous embrasser, c’est gentil…
— Pas forcément.
On s’est arrêtées là. Elle a senti que le terrain n’était pas forcément consensuel. Cela m’a fait pensé à la réaction de certaines femmes que je connais, pourtant féministes, qui, au moment de l’affaire DSK, ont pu avoir un discours ambigu sur le consentement de Naffisatou Dialo, insinuant qu’une relation sexuelle avec un gars comme Dany-soap-kiki, cela ne se refuse pas. Une question de génération ? Je ne sais pas. Je sais juste que l’ordre bourgeois, hétérosexiste et raciste utilise l’atteinte sexuelle comme outil de coercition. La fameuse « culture du viol » ? Je n’aime pas l’expression tant il me semble que la chose est plus politique que culturelle. Mais, c’est vrai ; les deux reviennent parfois au même !

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