Tonton @14

À la réflexion, je daterais le hiatus entre la vie politique française et moi (ici) à l’élection de Sarkozy à la présidence de la République (2007). Il me semble que c’est peu ou prou à cette période que la « politique spectacle » a damé le pion à « la politique qui met en scène l’intérêt général » ; la nuance est de taille. La personnalité de Sarkozy y est sans doute pour beaucoup, le développement des médias numériques aussi. Les deux allaient bien avec ce besoin de l’ordre bourgeois, hétérosexiste et raciste de nous faire consommer toujours plus en nous promettant que notre bonheur dépend de la taille de notre écran plat et de notre consommation de paires de chaussures d’Asie ou de billets d’avion.
L’élection d’un président-bulle, tenant d’un libéralisme empreint de violence sociale et de défense des profits (tangibles ou symboliques) personnels, n’est ainsi que l’aboutissement d’une entreprise de contrôle social, forme presque achevée de démocratie totalitaire sur fond de développement d’un modèle économique et social délétère pour le plus grand nombre (comme pour la planète) avec les médias, plus aujourd’hui que l’école, comme appareil idéologique d’État le plus efficient. Ils se mettent ainsi au service du personnel politique (et inversement), mettant en spectacle les élections, invitant toutes et tous et hen à se mêler de ce qui est désormais un jeu sur fond de sondages, de réseaux sociaux bien organisés, un jeu de télé-réalité à l’échelle nationale d’où l’analyse intellectuelle et les savoirs fondamentaux sont exclus.
France TV info proposait ainsi de « la jouer » comme Macron et Philippe en composant le « gouvernement idéal ». J’ai également entendu, versant artistique de l’opération de contrôle de l’électorat, une « journaliste » devant l’Élysée qui attendait le « casting » du prochain gouvernement, comme si gouverner était un « saop » destiné à faire monter l’audimat. À quand les Giscard (juste parce que ça rime) de la politique ? Et le festival de Strauss-Kahn (la rime, toujours) ? Ah ! les Folies Messmer. Ça avait tout même plus de cuisse !

4 commentaires pour Tonton @14

  • Vincent

    Je pense pour ma part, et de plus en plus, que le quinquennat a une responsabilité sensible dans cette dégringolade du sérieux et de la sérénité politique.
    Notez, j’étais plutôt pour le quinquennat. Sept ans, c’est long. Quatorze, plus encore.

    Alors certes, il a commencé avec le dernier mandat de Chirac. Mais il représentait une sorte de continuité des choses qui n’allaient pas si mal.
    Bon, j’étais aussi bien plus jeune et moins attentif à ces choses.
    Lol

    Mais j’ai l’impression qu’avec le quinquennat, la démagogie est devenue maîtresse. La priorité n’est plus à ce qu’on fait, mais à ce qu’on promet… pour les déjà cinq prochaines années.
    Comme si l’on était finalement en permanence en campagne. Et quand la campagne démarre vraiment, il n’y a plus que les exagérations, la démesure et les extrêmes, pour se démarquer.

    Le décalage et la synchronisation des législatives, après la présidentielle, a à mon sens encore accentué les mauvais côtés de ce nouveau mandant, en en faisant un plébiscite ou une dénonciation des, a peines premières semaines, du nouveau président.
    La chambre basse me semble en perdre une part de sa légitimité. Et cela me semble en fait un problème sérieux.

    Je commence à me dire qu’un septennat, NON renouvelable, aurait été bien mieux.
    Le président élu n’aurait pas eu à se préoccuper de se faire ré-élire. Ni donc, d’être populaire.

    Enfin, j’imagine que de façon générale, la démocratie représentative ne vaut pas la participative. Mais d’un autre côté, on est un … un peu nombreux quand même pour remplir les gradins de l’agora.

    Je partage votre opinion quant aux médias.

    • Cécyle

      Je suis assez d’accord avec vous sur le quinquennat auquel j’étais opposée. Par contre, la démocratie participative est un leurre et la porte ouverte au populisme ; on va s’en rendre compte avec les député « du renouvellement » de Macron. Ils ont été recrutés sur un mode participatif. Ils ne sont pas plus « le peuple » que nos députés actuels. Quant aux conseil de quartiers… Ils sont une pépinière à élus, et un espace de défoulement public, c’est intéressant mais ce n’est pas comme ça que l’on gouverne.

      • Vincent

        Je ne pense pas vraiment qu’une démocratie participative soit possible à l’échelle de notre pays.
        De fait, si la « participation » dans ce cas ne serait issue que de ceux qui le veulent vraiment… ça n’y changerait pas grand chose.
        Quand on voit l’abstention du jour…. 🙁

        • Cécyle

          Et les média ce matin qui commentaient les résultats comme un match de tennis…

Envoyer un commentaire

 

 

 

Vous pouvez utiliser ces balises HTML

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>