Kendo @34

En janvier, j’ai commencé une formation d’assistant de club, soit de professeur de judo assistant ; il s’agit de faire ce que je fais avec Daniel depuis près de deux ans (merci, Daniel, de me l’avoir un jour proposé !) : être sur le tatami avec lui et prendre en charge quelques élèves pour qu’il en ait moins. J’aime bien le « job » ; sans me faire aimer les enfants, il me donne l’occasion de partager, transmettre et avoir la sensation de participer un peu à leur développement personnel en leur communiquant un savoir-faire de judoka autant que ce que je crois juste dans la manière d’être à soi et à l’autre.
Mon judo, par ailleurs, y gagne. En plus des cours de Daniel, j’assiste aux cours de sensei Romuald depuis janvier. Le voir enseigner et partager sa longue pratique professionnelle me sont d’une grande richesse. Je prends aussi de l’assurance quand je prends en charge une partie de son groupe : pensez ! il est là ; il m’a tout appris ; ce sont ses élèves ; je veux être à la hauteur. Je me sens, dans cette posture d’enseignement, plus entreprenante ; mes savoir-faire « sortent » tout seuls, mon équilibre ne faillit pas. Une véritable étape dans ma vie de judoka !
Et dans ma vie de club… L’enseignant responsable de la formation a un douloureux problème avec la déficience visuelle. Oh ! il est gentil, très gentil, plein de bonnes intentions, mais ne sait pas comment se comporter. J’ai ainsi passé son premier cours la moitié du temps à ne rien faire sur le bord du tatami, sans être sollicitée, sans audiodescription, sans partenaire qui vienne m’épauler. J’en ai été tellement blessée que j’ai aussitôt envoyé un mail à Romuald, et à mes plus proches judokas. Au cours suivant, la présidente de mon club qui n’avait pas fait de judo depuis un certain temps (voire un temps certain) était là, à mes côtés, pour me guider, tenter la médiation.
La médiation, grâce à elle, a eu lieu mais le comportement de ce professeur n’a pas changé même si, à l’occasion d’une préparation de cour sur papier, j’ai donné toutes les consignes d’enseignement du judo vis-à-vis d’un déficient visuel. Ce n’est pas de la mauvaise volonté de sa part, juste de l’impuissance. Alors ma présidente de club est revenue au cours d’après. Et au cours suivant, sensei Romuald était là car on préparait la validation que je vais faire avec lui. D’autres partenaires de club se sont proposés, si besoin.
Je ne sais pas comment exprimer ma reconnaissance, mon émotion ; je suis même gênée de déplacer ainsi deux cadres de mon club plusieurs soirées de suite rien que pour ma pomme. Ils sont comme ça, je le sais, et c’est bien pour cela que j’en suis là dans ma progression de judoka, eux et tous ceux dont je vous ai déjà parlé en Hétéronomie. Je suis en passe de décrocher ma ceinture noire et d’être assistante de club ; le judo, un sport d’équipe ? Oh ! oui. Merci.

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