Jardinage @16

Après une fin d’hiver un peu difficile, je me rends compte que le printemps me donne la pêche même si mes yeux doivent s’habituer à plus de lumière (ce qui induit plus de fatigue et de maux de tête). J’ai donc la pêche ! J’écris avec vivacité et envie. Je me régale au judo et commence à croire en la réussite de mon passage le 3 juin. Les difficultés de mon stage d’assistant de club me deviennent un sujet de plaisanterie. De nouvelles tracasseries administratives ne contraignent pas mon sommeil. Des projets de long cours me semblent d’un coup réalisables. Mes séances de sport me paraissent toujours trop courtes. Je me réjouis de tout, une musique, un lever de soleil, mes lentilles au cumin (nouvelle recette), la pousse des piments dans ma jardinière, un bon mot, une parole aimable, la bise d’anniversaire de ma voisine, une balade dans un tunnel ferroviaire, un dîner, un déjeuner, une rencontre, une expo, un sourire échangé dans le métro… Je ris ; je chante ; surtout sous la douche grâce à l’enceinte Bluetooth que j’emporte avec moi dans la salle de bains.
J’ai donc la pêche ! Je me sens plus ouverte aux autres, au monde. Je me sens une énergie débordante ! J’en partage tout ce que je peux avec mes amis dont je tente de profiter à plein. Je reprends contact avec celles et ceux et hen que j’ai pu perdre un peu de vue. Je tente de faire attention à chacun, d’être ouverte à tous. Je fais la nique à cette paresse affective qui nous conforte dans la solitude. Et pourtant… Pourtant ? Je me dis parfois qu’il y a du gâchis dans l’air, que toute cette force et ce désir qui sont en moi ne sont pas partagés à l’aune de ce qu’ils devraient l’être, que cette fleur que j’ai vue ce matin au milieu d’une jardinière de la Ville dépasser de vingt centimètres de toutes les autres aurait mérité que quelqu’un soit là avec qui j’aurais pu échanger sur le caractère cocasse et symbolique de l’instant. On a blagué elle et moi. Et puis j’en ai vu une autre. J’ai tant aimé ces deux fleurs qui n’étaient pas comme les autres en dépit des efforts du jardinier à harmoniser ses plantations.
Serait-ce à dire qu’il y a toujours un individu qui se pose en principe d’altérité, pour ses congénères, d’abord, pour soi extérieur au groupe, ensuite ? J’aime bien la métaphore ; elle me donne l’espoir d’un autre dissemblable qui trouverait en mon énergie matière à partager la sienne, loin de la plate-bande où le monde voudrait nous confiner ! Cela ne fait-il pas plusieurs billets où je parle de cet espoir-là ? J’ai envie d’aimer. J’aime déjà. J’ai envie d’aimer encore plus que déjà ce d’autant que je me trouve parfois tellement désirable que je ne comprends pas que l’on ne me désire pas. C’est sans doute fort prétentieux que de penser cela. Je le pense. Et je regarde partout s’il n’y a pas une fleur qui dépasse de la plate-bande.

2 commentaires pour Jardinage @16

  • Vincent

    J’aime bien la blanche, avec ces pattes de criquets genre Alice au pays des merveilles.
    (Ou M. Bécaud ! ? lol)
    Bras croisés, mais trop longs lol

    • Cécyle

      Oui !! Elle est superbe ! Vivent les réfractaires à la platebande !

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