Couple @12

À l’occasion du Printemps des assoces de l’Inter-LGBT j’ai gagné un Carnet de mise à l’amende amoureuse (ici) sans que l’amoureuse ne soit fournie avec. Cela dit, je ne sais pas si cela aurait été une bonne idée qu’elle le fût…
Première « infraction » : « Consultation excessive de son téléphone portable lors d’une soirée à deux ». Trois amendes possibles « Un Je m’excuse par un SMS par jour », « Une soirée sans coup de fil aux amies », « Une invitation en tête à tête au restaurant ». Les amendes peuvent être majorées, la première par « Un bisou », la seconde par « Ni SMS », la troisième par « Et ne parler que de moi ».
Je conteste d’abord le moyen : j’aime bien dire à l’autre ce que je ressens sans besoin d’un carnet à souche, genre « Je trouve que tu passes beaucoup de temps sur ton téléphone… » Si la discussion ne peut avoir lieu et que je m’ennuie, le verdict risque d’être sans appel. L’amende pourrait-elle m’éviter la solution radicale ? Je ne serais pas sensible au SMS quotidien ; il ne me viendrait pas à l’idée d’appeler mes amies quand je suis avec l’autre hors une vie commune ; le resto, c’est sympa mais ma soupe n’est pas mal non plus. Quant aux « majorations » ; j’ignore le « bisou », j’embrasse ; et je n’ai jamais eu besoin d’une injonction pour parler de moi, on s’en doute !
Deuxième « infraction » : « Matage appuyé et excessif d’une personne extérieure au couple ». La verbalisation va du bouquet de fleurs à « L’après-midi shopping à deux rien que pour mes achats » en passant par la lettre d’excuse, le tout assorti de majoration d’un « Mot d’amour », de « Avec sa carte bleue », de « Dix lignes de Je suis nulle ». Comme à l’école ?
Point de discussion, donc. Point d’interrogation sur la raison de ce « matage », ce qu’il dit de la relation… quant aux solutions… Entre l’appel à la consommation, l’infantilisation et le mot d’amour sur ordonnance, je ne peux que constater mon décalage personnel avec cette vision de l’amoureux.
Dois-je continuer ? Entre l’oubli d’anniversaire, le manque d’écoute, la suroccupation de la salle de bains, la mauvaise humeur, le fait de ne parler que de son travail, l’absence de préliminaires… et les excuses à genou, les représailles genre « tout pour moi », le « Bisou après l’amour », les « Je t’aime tous les soirs au coucher », le week-end chez les parents… je crois que j’ai envie de pleurer ! C’est ça, le « couple », un espace où l’on se met à l’amende plutôt que de se parler, un espace de représailles et de punitions, de couvertures tirées à soi, de preuves d’amour et d’excuses sur commande, un espace de violence consentie ? Eh bien, je reste célibataire !
Vous dites ? C’était pour rire ? Bigre.

Note : Des pages sont laissées vierges pour que chacun puisse imaginer d’autres violences, je suppose. Que l’on se rassure : une contestation de l’amende est prévue. Cela ne me rassure pas. Une note positive ? Je dois lire au compte-fils tellement ce n’est pas lisible. Aucune chance que je joue à ce jeux-là ; mon albinisme m’en garde ! Ouf.

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