Solitude @5

Marcher longtemps me fait du bien. Ma chair y trouve un équilibre. Mon esprit s’envole vite, au péril parfois de mes trajectoires et franchissements de carrefour. Il me fait vivre dangereusement. C’est ainsi.
Je pars souvent dans des conversations écrites ou verbales imaginaires, laissant mon désir s’exprimer, mes émotions se dire. J’ai ainsi entendu cette question traverser mes envies d’un baiser.
­— Mais sur quoi tes relations amoureuses achoppent-elles ?
J’aime bien les jolies phrases. La question n’a pas tout de suite été formulée ainsi. À force de la travailler, les réponses sont venues au nombre de trois.
— Parce que mon équilibre est fragile et que je mords dès que je le sens en danger réel ou supposé. Parce que mon mode de vie est une somme de choix politiques qui rend souvent difficile l’établissement d’espaces de partage ne serait-ce que parce que mes choix sont par nature sujets à contestation. Parce que la vie quotidienne à deux m’ennuie et que mon désir s’y corrompt vite.
J’ai bien aimé me sentir responsable du point d’achoppement. J’ai passé les arguments à la moulinette de ma vie sentimentale et des relations où c’est moi qui suis partie. Cela collait bien. Mon doute aujourd’hui n’en est que plus grand. Et, fort étrangement, mon espoir aussi.
Bigre.

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