Noël @36

SoupeNoël a un Avent, et un après ; le réveillon de l’An aussi. Il n’est pas ainsi tout de boycotter la « fête », encore faut-il s’armer pour faire face aux demandes de retour d’expérience.
Cours de judo, mardi 3 janvier.
— Oh ! Bonjour. Bonne année !
Bisous, bisous.
— Tu as passé de bonnes fêtes ?
— Oui, très bien.
— Tu es allée voir ta maman ?
— Non, j’étais chez moi. Une soupe et au lit.
— Pour Noël ?
— Oui.
— Mais c’est triste !
— Je t’interdis de traiter ma soupe, tu ne l’as jamais goûtée.
Petit silence surpris et sourire affligé. La conversation alors s’engage sur ce qui serait triste ou pas et sur la nécessité qu’il y aurait à mettre ce jour-là du foie gras dans son bouillon de légumes — Noël, quand même, sans agape, quel crime de lèse société de consommation ; et les enfants, ah ! les enfants. Et l’on arrive sur le réveillon de l’An.
— Tu as juste mangé une soupe ?
— Oui, avec une petite salade, un yaourt et une pomme (là, j’exagère, j’avais une bûche glacée).
— Mais c’est triste !
Rebelote…
Ce qui m’afflige le plus, dans cette affaire, c’est que c’est une catholique pratiquante qui s’est le plus échinée à me dire que ma soupe était triste. Pauvre Petit Jésus dans le frisquet de son étable. Il aurait été bien content, lui, d’avoir une soupe pour le réchauffer même si le souffle de Petit Mouton et de Petit Koala est brûlant d’amour.
Quant au surplus d’exercice physique en cours de judo pour éliminer du trop-gras-trop-salé-sucré que chacun est supposé avoir consommé, poncifs à l’appui, il n’a fait qu’achever mon agacement. Peut-être que l’année prochaine, je vais carrément jeûner ? Ce serait un sacré moyen de protestation !

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