Bateau @10

FrioulMon séjour sur un bateau de luxe, en août 2015, s’il m’a été une souffrance, n’a pas été une vaine souffrance. Ce séjour a eu un effet cathartique qui m’a permis de mieux prendre conscience de mes choix personnels, de les discuter et de les porter à l’écriture dans un long texte de réflexion (cent cinquante pages), que vous pouvez lire ici.
À mon retour, j’ai également développé une manière d’être au monde où je le regarde un peu plus, où je me pose pour ce faire, où je dialogue avec mes tours et avec ce qui fait le « paysage » de ma ville, comme si ce paysage en était l’âme. Je marche, je fais corps avec elle, je regarde par la fenêtre, je vois cette cheminée que je n’ai jamais vue, il y a cet oiseau qui chantait tout à l’heure le long de la petite ceinture, cet autre qui court avec moi, le soleil qui passe à travers les vitres de Notre Dame du travail au moment de la triangulation, cette herbe qui n’est pas givrée et que je caresse pour m’en assurer, cette pierre que je touche pour faire un signe au pont d’Avignon à huit cents kilomètres d’ici.
J’ai découvert, il y a quelques années, la joie que procure un moment de silence dans un lieu dédié à la spiritualité ; je découvre un peu plus chaque jour comment le spectacle d’un nuage qui accueille le rosé du soleil m’emplit de félicité. Oui, félicité. Je m’apaise, je le sens, alors que ma colère ne tarit pas ; je m’apaise dans une capacité nouvelle à accueillir l’instant, son spectacle, ses odeurs, ses sons… et les personnes qui vont avec. Parfois, quand je marche, je m’arrête, juste pour apprécier l’instant, pas uniquement ce que je vois mais ce qu’à un instant je ressens. Je m’arrête aussi souvent quand j’ai l’impression que quelqu’un est en difficulté, ou quand quelque chose se passe de surprenant. Je m’arrête, je m’imprègne, j’interviens ou non. Je suis présente ; voilà, c’est ça, je me sens de plus en plus présente au monde et cela me fait un bien fou !
Puis-je partager avec vous ce que j’éprouve (c’est toujours difficile) ou au moins la démarche, vous donner envie de regarder là, autour de vous, tourner la tête vers la fenêtre, vous poser… et sourire à l’instant ?
Sourire à l’instant.

Note. J’ajoute que je dois à Isabelle cette idée de regarder le ciel ; chaque matin, sur le bateau, j’allais dérouler très tôt pour avoir le maximum de fraîcheur ; elle se levait avec moi et attendait le lever du soleil. Je crois que c’est la première fois que je regardais le soleil se lever. Depuis, je constate que, où que l’on soit, il est toujours aussi beau !
Merci Isabelle.
Et merci Soleil ! Boudhakarathaï.

 

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