Souvenir @10

MiradorCela ferait presque le titre d’un roman, La cloche et le mirador
Pour visiter les camps de concentration et d’extermination d’Auschwitz-Birkenau, nous avons décidé de loger à Cracovie. Les camps sont ensuite à une heure trente de route en car.
À Cracovie, nous avons pris un hôtel douillet en plein centre avec l’idée qu’un peu de confort et de facilité de transport ne nuiraient pas à notre capacité à encaisser l’épreuve. Nous sommes arrivées un jeudi, en début d’après-midi. Cela nous a permis de bien repérer les lieux, de trouver le départ du car, d’acheter un billet pour l’aller… pas le retour. On a mangé de bonne heure dans une cantine polonaise délicieuse puis, dodo. Il nous fallait nous lever à 6 heures pour prendre le car à 7 heures 45.
Dès la sortie de l’avion, nous avons eu toutes les deux mal à la gorge. La nuit, le mal a empiré. L’angoisse de la visite montait. Autrement dit, j’ai mal dormi et ai été définitivement réveillée à 5 heures par un bruit de cloche. J’ai pensé que c’était l’ascenseur. Sarah m’a indiqué que c’était les trams qui passaient sous nos fenêtres.
La nuit suivante, j’ai mieux dormi mais me suis encore réveillée à 5 heures. La cloche. J’ai pu me rendormir cette fois, la cloche dans le sommeil. Et nous avons repris l’avion pour Paris. Je suis arrivée chez moi vers 20 heures. J’étais fatiguée. Je me suis couchée tôt et ai sombré dans un lourd sommeil jusqu’à ce que mon réveil me dise d’aller dérouler. Il était 7 heures. Je me suis levée, me suis préparée et… j’ai entendu sonner une cloche, la même qu’à Cracovie.
Il n’y avait pourtant pas de tram qui passait sous mes fenêtres.
Après une petite heure de déroulé, je suis rentrée et ai commencé ma gym, debout face à la fenêtre. Un quart d’heure plus tard, je m’installai au sol pour un peu de musculation, des étirements, des abdos. J’étais alors dans l’axe de la fenêtre et j’ai fait un bond ! En mon absence, ils avaient construit un mirador ! C’était impossible.
Je me rallongeai. Me rasseyai.
Oui, il y avait un mirador sur l’immeuble d’en face ! Je coupai le chrono, allai chercher mon monoculaire et observai cette cheminée qui avait toujours été là et qui ce matin s’était transformée en mirador.
Pendant quelques jours encore, j’ai entendu la cloche sonner. Là, je ne l’entends plus. Mais le mirador, lui, y est toujours. À jamais ? Oui. À jamais.

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