Commémoration @17

Camp Le 26 août dernier, j’étais donc en Pologne, un chapeau sur la tête et des écouteurs aux oreilles pour « visiter » les camps de concentration et d’extermination d’Auschwitz-Birkenau. Cette visite mémorielle était prévue de longue date. Elle a été au-delà de ce qui je pouvais imaginer en termes d’émotion, l’horreur succédant à l’horreur à chaque pas.
Je reviendrai sur cela, d’une manière ou d’une autre, mais là, comme je l’indique sur mon site, il est un peu tôt. Je ne suis en mesure aujourd’hui que de me concentrer sur du « politique », loin de la souffrance des personnes tant celle-ci m’est tout à fait insupportable. J’enchaîne ainsi sur mon billet consacré aux Jeux olympiques (ici).
Au bout du bout du camp de Birkenau, entre les deux fours crématoires, un monument international à la mémoire des victimes a été érigé en 1967. Il est constitué d’une statue et de vingt et une plaques où l’on peut lire dans vingt et une langues « Que ce lieu où les nazis ont assassiné un million et demi d’hommes, de femmes et d’enfants, en majorité des Juifs de divers pays d’Europe, soit à jamais pour l’humanité un cri de désespoir et un avertissement. Auschwitz – Birkenau 1940 – 1945. »
Je n’avais pas lu le texte sur place. Et notre guide nous avait présenté le monument comme portant la mémoire des victimes « par nationalité ». J’avais été surprise d’emblée, voire choquée de ce choix ; c’est en entendant des visiteurs allemands parler dans leur langue que j’ai compris en quoi. Les bourreaux d’Auschwitz-Birkenau étaient des nazis et leurs victimes étaient des juifs, des Tziganes, des résistants, des soldats du front russe, des communistes, des homosexuels, des « asociaux », des criminels, des anarchistes, des témoins de Jéhovah, des malades mentaux… La nationalité des uns et des autres importait peu ; seul le fait qu’ils soient des femmes, des hommes et des enfants non conformes à l’idéal hitlérien les a menés là.
Sans doute que les initiateurs de ce monument ont cru bien faire ; mais ces plaques « par langues nationales » demeurent un choix qui me semble nier la réalité de ce génocide, un génocide de l’humain désigné comme autre, pas un génocide national. La nuance est importante pour moi car toute dimension nationale est si dérisoire ! Si dérisoire.

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