Anniv’ @26

La main gauche que je pose sur l’épaule d’Hervé n’est pas réglementaire. Elle est un point d’appui qui réduit ma probabilité de chuter alors que je passe de la position debout à cette position en fente à genou. C’est cela que l’on nomme « adaptation ». Mon programme en contient plus qu’il n’y paraît.

Alors, cette épreuve de jujitsu ?
Je l’ai passée. Je l’ai eue. J’étais au final confiante, sans doute parce que mon partenaire était Hervé. Au déjeuner qui a suivi ce passage, je lui ai expliqué que quand il a poussé son cri primal, le 28 mai 1963 soit vingt-quatre heures avant ma naissance, je l’ai entendu du ventre de ma mère et je me suis dit « Un kiai pareil, il faut que je le retrouve pour le jujitsu. » C’est ce qui est arrivé. Il a été un professeur hors pair, m’a laissé le temps de venir à ces douze techniques et de gérer les passages debout-sol, les a adaptées à mes déséquilibres, m’a encouragée, criée quand c’était nécessaire, rassurée toujours.
Lors du passage, il a été un partenaire tout aussi remarquable. Il ne m’a pas fait de cadeau, donnant à ces douze techniques un rythme et une force qui les ont rendues crédibles ; j’en ai été sonnée pendant quinze secondes (mon commentaire est sur la vidéo de face ici ; celle de profil est ) ; la voix de Hervé m’a ramenée dans l’exercice, calme, sereine, amicale. C’est aussi une leçon majeure de mes sept ans de judo auprès de sensei Romuald dont cinq dans ce club qui est aujourd’hui le mien : le judo, ça crée de l’amitié, une amitié empreinte du respect du travail et des efforts de chacun, une amitié forte en tendresse, une amitié qui porte à l’excellence et au dépassement de soi.
Pour cela, il faut bien sûr serrer sa ceinture de judoka, mais aussi ouvrir son cœur. Sur le tatami, il règne une ambiance unique qui transforme l’estime de l’autre en attachement, même si l’affinité n’y est pas ; une estime qui vient directement de la confiance que l’on s’accorde à se confier ainsi nos corps en action. Petit à petit, l’affinité vient, reste sur le tatami ou en sort, pour des activités liées au judo, ou même des activités tout court. Et de l’affinité naît des amitiés, encore plus particulières que celles de Roger Peyrefitte, des amitiés construites sur le partage, l’effort, le respect, et le désir de bien faire.
Aujourd’hui, je remercie particulièrement Hervé mais aussi Daniel et Jean-Mi, les trois mamelles de ce passage. Oui, les « mamelles » tant ils m’ont nourrie et portée plus d’un an durant pour me mener là. Je les remercie autant pour le travail accompli que pour leur affection. J’ai voulu leur témoigner la mienne en leur offrant un gros gâteau, plein de sucre et d’amour, fêter avec eux mon anniversaire et celui de Hervé, un gâteau que nous pourrions partager avec celles et ceux et hen qui sont « mes » judokas. Voilà le gâteau à l’image des ces amitiés en forme de prise de kumi kata. Vous prendrez bien une petite coupe avec nous ?

Gateau
Encore merci, Hervé. À demain !

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