Archives mensuelles : juin 2016

Corps @18

Mon genou gaucheL’autre jour, j’ai eu une séance d’ostéopathie d’une heure trente l’après-midi, notamment pour mon genou, et une séance de pédicure d’une heure quinze le soir. Qui a dit que les professionnels de santé ne prennent plus le temps pour faire des soins ? Je suis sortie du second rendez-vous à 22 heures 35. Globalement, cela m’a fait du bien, mais c’était une journée épuisante.

Foot @11

EuroBien avant le début de l’Euro, la place du championnat (masculin) professionnel de football* dans les médias m’agaçait. Que l’on donne les résultats, que l’on retransmette les matchs, pourquoi pas : cela ne m’intéresse pas (trop de fric ; pas de sport) mais si « cela intéresse les gens », comme on dit…
Ah ! les fameuses « gens », celles que l’on invoque pour valoriser telle ou telle émission télé, le contenu d’un programme électoral, ou de la mise en valeur de tel ou tel produit à forte valeur ajoutée. En général, on ne mesure l’intérêt « des gens » ni qualitativement ni quantitativement qu’une fois la décision prise et bien rentrée dans le crâne à grand renfort de plans média.
Le football, donc, « les gens » en veulent. « Ils » sont contents que la compétition se déroule en France. « Ils » s’opposent d’ailleurs aux grèves, aux manifestations, aux poubelles pas ramassées voire à la crue elle-même (une tue-le-football de première) pour que LaFrance soit rayonnante pour que les touristes s’y pressent avant de protester devant leur trop bruyante présence.
« Ils » en veulent et « ils » en ont ; et comme les matchs ne suffisent pas, on les régale de commentaires qui certains soirs de l’Euro 2016 ont pris 80 % du temps des journaux de France info. Et comme ça ne suffit encore pas, on « refait le match » après qu’il ait lieu, mais aussi avant ! Très fort !
Et blablabla… blablabla… Il m’arrive d’écouter parce que je voudrais bien comprendre ce qui est dit ; peut-être que je passe à côté de quelque chose d’important ? Il semble qu’à force de parler, les commentateurs n’aient plus rien à dire et le discours produit n’a aucun sens. Quand j’étais petite, j’écoutais les retranscriptions des matchs des Verts sur Radio Monte-Carlo. Et je voyais le match à la radio !
Là, même pour décrire ce qui se passe sur le terrain, nos commentateurs ne disent rien. Ils préfèrent faire des blagues entre eux, exhiber leur savoir-football (« Fantastique ! Il vient de tirer comme Machin en 19… »), dire ce qui se passera selon le nombre de buts marqués, rappeler les palmarès… Point de jeu, donc. Quoi alors ?
Je ne sais pas ; le football n’est plus un jeu sauf à considérer qu’il est celui de l’ordre bourgeois, hétérosexiste et raciste au service de la consommation de masse et de l’abêtissement des peuples. Comme disait Arlette Laguiller, « on nous ment, on nous spolie » et le football nous asservit !
Vive la liberté ! Tous à la pétanque !

* J’utilise à dessein le terme de « football » pour bien le distinguer du « fooooot » de Petit Mouton qui est lui acte d’amour et de sagacité.

Exposer @8

Au musee de LyonLe musée des Beaux-Arts de Lyon propose des parcours thématiques de ses collections avec des brochures spécifiques. Il y a :
• Fleurs (nouveauté)
• Héros (nouveauté)
• Chefs-d’œuvre
• Femmes
• Nature/végétal
• Couleurs/noir
« Fleurs » et « Nature/végétal » ne sont pas exclusifs l’un de l’autre, est-ce le cas pour « Héros » et « Femmes » ? Oui, ouf ! Sur douze héros, il y a deux femmes : Judith et Jeanne d’Arc. Ce n’est pas tant le musée ou l’histoire de l’art qui est à attaquer que l’histoire tout court, et les hommes qui l’écrivent au sens littéral et littéraire du terme, qui n’a globalement retenu que l’héroïsme viril. Mais ces héros et héroïnes étant soit des tueurs, soit des militaires, il n’y a peut-être pas à s’en plaindre tout que ça.
Mais, un musée peut essayer de changer le regard sur l’héroïsme. La culture et l’éducation ne sont-ils pas censés faire bon ménage ?

Va chez l’gynéco @28

ToilettesCet hiver, l’air de rien, j’ai pris pas loin de 2 kg. Je rentrais pourtant dans mes pantalons, mon bilan sanguin de fin d’hiver ne faisait pas état d’une dégradation de ce qui va bien avec une prise de poids (cholestérol, triglycéride, glycémie…) ; je me sentais juste un peu lourde, pesante. Je n’avais pas l’impression de manger plus (mais c’est très subjectif) pas plus que je n’avais réduit mon activité sportive, au contraire (là, je note, c’était donc sûr) ni ma marche.
Isabelle avait fait l’hypothèse que j’avais pris du muscle (c’était gentil et sans doute vrai au vu de ma préparation physique jujitsu). Ma gynéco m’a beaucoup parlé « d’âge moyen de la ménopause »… J’étais donc contrariée. Si je prenais 2 kg en « pré », qu’est-ce que cela allait être quand je serais en plein dedans ? Ma généraliste n’était pas convaincue. J’ai donc continué à chercher en tentant de réduire un chouïa ma consommation de sucre (pas facile !)
Et puis, j’ai eu une idée.
Le plombier qui a refait ma salle de bains m’a dit, très fier, au moment de la réception des travaux :
— Je vous ai mis des toilettes plus hautes. C’est plus facile pour se relever.
— Sauf que je ne pose plus les pieds par terre…
Il me manque en effet cinq bons centimètres de jambes pour cela. Ce n’est pas très confortable d’être sur la pointe des pieds… et pas très « efficace », semble-t-il. J’avais entendu il y a longtemps au Magazine de la Santé qu’il existe des positions qui facilitent l’élimination (ici) ; être sur la pointe des pieds en est l’exact contraire.
J’ai donc investi dans une marche pliante, qui se révèle un peu haute au quotidien mais est parfois nécessaire. Je lui ai adjoint un panier en plastique que je retourne et peux laisser en place. Quel confort ! 1,70 euro dans un Tout à dix balles et j’ai perdu mes deux kilos en un mois ! Si j’y ajoute les 7 euros de la marche pliable, ce n’est vraiment pas cher payé le transit.
— Dans ce cas, on dirait plutôt « Ça vaut pas tripette ! »
Tu es si drôle, Caddie !

Pauvres enfants ! @30

SlipUne marque de slip d’homme surfant sur l’achat cocardier a sorti une campagne publicitaire la première semaine de juin qui m’a mise mal à l’aise. Ce n’est pas tant que d’habitude les publicités pour les slips me réjouissent, mais j’ai trouvé celle-ci de fort mauvais goût en plus d’être peu compréhensible.
L’affiche comporte un dessin avec, d’un côté, un slip de face blanc avec l’indication « avant » et, de l’autre côté, un slip rouge avec le logo de la marque avec l’indication « après ». Le tout porte le slogan « Cette année, papa se remet au slip ». En quoi se « remettre » justifie l’avant et l’après, à moins que la marque ne considère que le slip, créé plusieurs décennies avant elle, est devenu exclusivement associé à elle. Bon, pour autant, cette crise d’ego, courante dans le commerce, n’est pas ce qui m’a dérangée.
Alors que je lui en parle, Cécyle m’indique que c’est la fête des pères. Je reste frappée par la collusion entre la parenté et ce sous-vêtement, voire d’autant plus puisque la coïncidence en montre le lien direct avec la filiation. Comment peut-on à ce point créer une connivence entre un sexe d’homme et son statut de père dans une société où les violences pédophiles sont essentiellement intrafamiliales ? Je reste mal à l’aise et un peu nauséeuse à voir ce que des publicitaires peuvent imaginer pour vendre des slips.

Anniv’ @26

La main gauche que je pose sur l’épaule d’Hervé n’est pas réglementaire. Elle est un point d’appui qui réduit ma probabilité de chuter alors que je passe de la position debout à cette position en fente à genou. C’est cela que l’on nomme « adaptation ». Mon programme en contient plus qu’il n’y paraît.

Alors, cette épreuve de jujitsu ?
Je l’ai passée. Je l’ai eue. J’étais au final confiante, sans doute parce que mon partenaire était Hervé. Au déjeuner qui a suivi ce passage, je lui ai expliqué que quand il a poussé son cri primal, le 28 mai 1963 soit vingt-quatre heures avant ma naissance, je l’ai entendu du ventre de ma mère et je me suis dit « Un kiai pareil, il faut que je le retrouve pour le jujitsu. » C’est ce qui est arrivé. Il a été un professeur hors pair, m’a laissé le temps de venir à ces douze techniques et de gérer les passages debout-sol, les a adaptées à mes déséquilibres, m’a encouragée, criée quand c’était nécessaire, rassurée toujours.
Lors du passage, il a été un partenaire tout aussi remarquable. Il ne m’a pas fait de cadeau, donnant à ces douze techniques un rythme et une force qui les ont rendues crédibles ; j’en ai été sonnée pendant quinze secondes (mon commentaire est sur la vidéo de face ici ; celle de profil est ) ; la voix de Hervé m’a ramenée dans l’exercice, calme, sereine, amicale. C’est aussi une leçon majeure de mes sept ans de judo auprès de sensei Romuald dont cinq dans ce club qui est aujourd’hui le mien : le judo, ça crée de l’amitié, une amitié empreinte du respect du travail et des efforts de chacun, une amitié forte en tendresse, une amitié qui porte à l’excellence et au dépassement de soi.
Pour cela, il faut bien sûr serrer sa ceinture de judoka, mais aussi ouvrir son cœur. Sur le tatami, il règne une ambiance unique qui transforme l’estime de l’autre en attachement, même si l’affinité n’y est pas ; une estime qui vient directement de la confiance que l’on s’accorde à se confier ainsi nos corps en action. Petit à petit, l’affinité vient, reste sur le tatami ou en sort, pour des activités liées au judo, ou même des activités tout court. Et de l’affinité naît des amitiés, encore plus particulières que celles de Roger Peyrefitte, des amitiés construites sur le partage, l’effort, le respect, et le désir de bien faire.
Aujourd’hui, je remercie particulièrement Hervé mais aussi Daniel et Jean-Mi, les trois mamelles de ce passage. Oui, les « mamelles » tant ils m’ont nourrie et portée plus d’un an durant pour me mener là. Je les remercie autant pour le travail accompli que pour leur affection. J’ai voulu leur témoigner la mienne en leur offrant un gros gâteau, plein de sucre et d’amour, fêter avec eux mon anniversaire et celui de Hervé, un gâteau que nous pourrions partager avec celles et ceux et hen qui sont « mes » judokas. Voilà le gâteau à l’image des ces amitiés en forme de prise de kumi kata. Vous prendrez bien une petite coupe avec nous ?

Gateau
Encore merci, Hervé. À demain !

Vérité syndicale @20

On va vous faire aimer les retards de train...Attendant un train, légèrement en retard, j’ai l’occasion d’entendre plusieurs fois le message de la SNCF indiquant qu’il n’y aura aucune restauration proposée dans le TGV que je dois prendre. Il est bien demandé aux voyageurs de prendre leurs dispositions avant de monter. C’est d’autant plus nécessaire que ce train part de Lyon un peu après 13 heures pour arriver à Paris vers 15 heures. J’ai d’ailleurs prévu mon sandwich composé de produits achetés aux halles.
Le train a cinq minutes de retard et le message nous est martelé jusqu’à ce qu’il pointe son nez au bout du quai. La motrice s’arrête quelques minutes et on part. Une fois à bord, le contrôleur nous indique les voitures bar du train, puis l’agent du bar de notre rame nous souhaite la bienvenue en indiquant ce que l’on peut trouver à bord pour le déjeuner. Étonnante politique commerciale de la SNCF…

Décroissance @46

PoubelleQuand une grève des transports dure un peu, je me dis que l’on va bien finir par s’interroger sur l’organisation spatiale de l’activité économique, du coût humain, social et écologique du « temps de trajet », s’interroger et rêver d’un autre monde où la proximité est privilégiée…
Quand une grève des raffineries et des camionneurs dure un peu, je me dis que la pénurie va bien nous porter à nous interroger sur nos modes de déplacement et de production, sur leur toxicité pour la santé humaine (bruit, stress, pollution de l’air, manque de sommeil), nous interroger et rêver d’un autre monde où la circulation douce et la production locale s’accordent d’une société pacifiée…
Quand l’eau de la Seine monte et inonde habitations, entreprises, bâtiments publics et voies de circulation, je me dis que l’intempérie va bien vite nous interroger sur la valeur de ce que l’on possède (ou pas), sur les dangers du réchauffement climatique, de la surproduction de biens inutiles, sur les modes d’urbanisation, nous interroger et rêver d’un autre monde où les eaux qui montent sont un spectacle gratuit que nous offre la nature…
Quand une grève du ramassage et de l’incinération des ordures transforme nos rues en dépotoirs, je me dis que l’odeur et la présence ostentatoire des rats va très rapidement nous interroger sur notre production de déchets, sur notre consommation, sur notre manière de jeter, sur l’engorgement de nos armoires et de nos frigos, nous interroger et rêver d’un monde où faire aura plus de valeur que posséder…
Quand…
Alors je me réjouis, et je suis bien seule.
Chacun râle plutôt que de penser et en vient à défendre ce monde qui l’exploite, le spolie et le réduit à être le pantin de l’ordre bourgeois, hétérosexiste et raciste. La grève, l’intempérie, sont des chances qui nous permettent de penser un autre monde. Ça vous tente ? Pensez-y à la prochaine. Rêver ! Inventez ! Tout est possible ; il nous suffit juste de renoncer à ce qui nous opprime.
Juste.

Lu @15

dustDust, roman policier de Sonia Delzongle, m’a été offert dans des circonstances affectives suffisamment troubles et difficiles pour que je donne aussitôt l’exemplaire au réseau Circul’livre de mon arrondissement. Il y est question de crimes rituels touchant les albinos au Kenya. Sachant que ma déficience visuelle (donc mon albinisme) était le point d’achoppement d’une relation que j’avais rompue, j’avais trouvé le choix du livre déplacé, voire pervers.
Je cherchais l’autre jour un livre à lire sur le serveur numérique de la ville. Dust faisait partie des nouveautés. Il tombait finalement bien, ce roman, puisque je travaille en ce moment à l’écriture de Kito Katoka, enfant de Tanzanie elle aussi victime d’un crime rituel. J’ai donc fait l’emprunt avec l’idée que j’en saurais plus sur ces crimes moi qui avais déjà fait pas mal de recherches.
Dès les cent premières pages, le livre m’a semblé d’une écriture sans style et d’une double intrigue pas si intrigante d’un gore tout à fait inutile ; du sous-Cornwell en quelque sorte, avec une héroïne profileuse qui ne sert pas à grand-chose. J’ai continué à lire en diagonale, en quête d’informations rares sur les crimes rituels. J’y ai trouvé ce que je savais déjà. Jusque là, pas de souci.
Ce qui me paraît en être un, par contre, pour un livre qui semble vouloir rendre visible l’albinisme et ses difficultés, est le déni de l’un des caractères majeurs de cette pathologie : la déficience visuelle et le nystagmus. Le nystag…quoi ? Ce n’est pas plus compliqué à expliquer que la désagrégation des chairs dans l’azote liquide ou les délires eugénistes du descendant albinos d’un pote à Mengele.
Mais non, pas un mot, à part deux des personnages albinos qui ont vocation à « perdre la vue » (trois petites allusions en 450 pages), ce qui est une contre-vérité majeure. Ce qui est cocasse, dans l’affaire, c’est que l’eugéniste veut fabriquer de bons Aryens avec des gènes d’albinos (les siens, bien sûr) ; la preuve s’il en est que l’auteure ignore tout de notre déficience visuelle car, ce que je sais de l’eugénisme, c’est que la race pure ne supporterait sans doute pas que des bigleux règnent sur le monde.
Verdict ? Ce roman, en niant un caractère majeur de l’albinisme et en organisant un massacre qui perd toute crédibilité par sa démesure même, me prouve qu’il y a décidément des personnes, par chez nous, comme on dit, qui ont un douloureux problème avec l’albinisme. Lequel ? Je m’en moque finalement et suis ravie d’avoir su me prémunir d’une dévoration que les crimes rituels préconisent même si je me sens aussi indigeste que le livre.
Ah ! J’allais oublier ; j’ai trouvé également ce roman raciste à l’égard des Chinois : car forcément, la vente en gros de poussière d’albinos à fins de magie animiste, c’est un Chinois, pardon, une Chinoise, qui en est l’inspiratrice et la cheville ouvrière. Non ? Ah ! ces méchants Chinois qui fabriquent des nems avec de la chair d’on ne sait quoi pour s’enrichir sur le dos de notre gourmandise. Foutus clichés !

 

Décroissance @45

Bonjouir !Quand j’ai décidé de changer d’ordinateur de bureau, j’ai choisi de faire du tri sur le disque dur. Cela m’a pris du temps, mais je n’ai pas regretté. Le nouveau disque était plus gros, mais ce n’était pas une raison pour reprendre tous les dossiers.
En musique, j’avais plus de 15.000 morceaux, de la musique essentiellement, et quelques cours de droit. J’ai trié. Il y avait beaucoup de chansons que je n’avais pas encore écoutées. C’était la bonne occasion. J’ai fait de belles découvertes et supprimé tout ce que je n’aurais pas envie d’entendre une nouvelle fois. Au final, j’ai gardé 3.000 morceaux, dont une bonne partie de cours. Un bon ménage approuvé par Petit Koala, la véritable reconnaissance.