Pucer @21

1er-mai-3_400Les quatre jours où j’étais en grève, du 28 avril au 1er mai 2016, j’ai pu mesurer l’inflation des moyens policiers répressifs autour de Nuit debout place de la République puis lors du défilé du 1er mai. J’en ai déjà fait un commentaire sur l’événement Facebook ad hoc (ici) mais je voudrais y revenir tant il me paraît important que les voix se multiplient pour dénoncer une présence coercitive martiale dont l’importance ne peut être justifiée par la nécessité de la protection des personnes et du maintien de l’ordre.
Place de la République, d’abord, vendredi 29 et samedi 30, vers 19 heures, les sorties de métro étaient fermées et tous les accès piétons à la place étaient contrôlés, fouilles de sac à l’appui. J’avais un étui à lunettes solaires dans mon sac. Le CRS m’a demandé ce que contenait l’étui. Je le lui ai dit. Il a tiqué au mot « lunettes ». L’ambiance était pesante, le nombre de policiers supérieur à celui des manifestants. Comment imaginer que ces hommes en armes étaient là pour me protéger ou protéger l’espace public ?
À voir, samedi 30 vers 20 heures dans une rue adjacente, la quinzaine de policiers habillés comme des casseurs qui se préparaient à investir la place, mettant des objets (je ne peux dire quoi) dans leurs poches, des foulards autour de leur cou, des bonnets sur leur tête, que dois-je imaginer ? Qu’ils allaient infiltrer les casseurs (ou les militants libertaires, selon l’appréciation de chacun) pour les empêcher de nuire ?
À l’approche de la place de la Nation, dimanche 1er vers 16 heures 30, on avait de quoi en douter. Quand nous avons eu la bonne idée de trouver la foule un peu dense et de rejoindre très difficilement une rue perpendiculaire où nous avons pu quitter le défilé encadrés par un double cordon de gardes mobiles, comment imaginer que tant de « forces de l’ordre » n’avait pas pu empêcher trois cents personnes d’entraver la marche du cortège jusqu’à la Nation ?
Les récits des violences policières organisées place de la Nation, à peine une heure plus tard, sont édifiants. Je vous en livre () un qui m’a touchée. Le communiqué du préfet limitant la liberté de manifester de Nuit debout dès le lendemain dit le reste. Le gouvernement ne peut interdire la contestation non violente ; par contre, qui lui reprochera de vouloir empêcher des « casseurs » de détruire le bien commun ?
Moi, forcément, tant l’intégrité d’un Abribus ou d’un DAB me semble moins importante que celle de la liberté. Et beaucoup d’autres finalement tant à trop provoquer la violence politique par une politique violente à l’égard des plus démunis et des plus fragiles, violente même au-delà de ces catégories de personnes pour nous toucher chacun, à trop provoquer la violence urbaine par un déploiement de force publique disproportionné, provocateur et liberticide, à trop… le gouvernement est le principal artisan de cette violence qu’il feint de dénoncer.
Les attaques terroristes, la guerre directe dans de nombreux pays du monde à laquelle LaFrance participe, ne lui suffisent-elles pas à affirmer sa soif de toute-puissance bourgeoise, hétérosexiste et raciste ? Il semble que non. D’un côté, je plains ces hommes (de sexe masculin et les quelques vestales qui les servent) qui nous gouvernent tant leur souffrance doit être forte pour ne pas être capable d’agir en dehors du champ de la violence institutionnelle. De l’autre, je leur fais la nique, je leur pisse à la raie et je leur pète au nez ; ne faut-il pas au moins cela pour exprimer mon dépit ?

Note. Je vous invite à lire et à diffuser mon communiqué du 27 avril 2016, « La non-violence n’est pas une utopie : c’est un choix politique qu’il est urgent de faire« , lala.

Note2. Le témoignage d’un policier syndiqué, « Tout est mis en place pour que ça dégénère », c’est lui qui le dit ! lalala.

Envoyer un commentaire

 

 

 

Vous pouvez utiliser ces balises HTML

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>