Déo @17

chausures rosesJe suis tombée l’autre soir sur i>TV en plein débat sur les « vêtements islamiques ». Des commentateurs, après avoir indiqué que « les femmes doivent pouvoir s’habiller comme elles l’entendent », s’insurgeaient plus violemment les uns et les autres contre la pression faites aux femmes musulmanes de porter le voile et autre vêtement qui « cachent le corps ». Voici un article, pris au hasard, si vous n’avez pas suivi le débat (ici).
Si je suis assez portée à considérer que le port du voile (islamique ou monial) relève plus de la sujétion et de l’oppression des femmes que de leur libération, je pense exactement la même chose de la mode qui fait rage dans nos magazines et qui asservit les femmes cette fois par l’objectivation de leur corps. Vous savez, la valorisation du « féminin »…
J’ai fait récemment un billet sur mes running roses (ici). En quoi, finalement, la pression sociale qui porte les petites filles à porter du rose quand les petits garçons portent du bleu, à contraindre les femmes dans des tenues qui les « mettent en valeur », comme aiment à le dire les grands couturiers, pour en faire des objets sexuels qui se caillent dans des robes moule-moule et des escarpins qui font mal aux pieds serait plus respectueux de la liberté des femmes ?
Ne nous voilons pas la face (j’ai osé !) : les codes vestimentaires, quelle qu’en soit l’inspiration, sont des outils de coercition sociale, de normalisation des individus, d’objectivation des femmes au service de la domination masculine, système d’oppression que se partagent volontiers l’Occident chrétien et l’Orient musulman. Je regrette vivement que les féministes ne se soient pas emparées de cette affaire pour dénoncer le totalitarisme des codes vestimentaires, de tous les codes vestimentaires. D’aucunes ont préféré s’attaquer aux musulmanes, bien campées dans leurs bas résille et leurs soutiens-gorges pigeonnants. Vous avez dit islamophobie ? What else ?

Note. Après avoir écrit ce billet, j’ai lu le communiqué de la présidente (avec une minuscule, madame, même si vous êtes très fière de vos fonctions) du Haut Conseil à l’égalité (ici) qui ose écrire « Ce sujet n’est pas une simple question de mode ou de consommation, c’est aussi une question politique. » Si la mode et la consommation ne sont pas « politiques », qu’est-ce qui l’est ?

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