Couple @10

FragmentsUne amie m’a parlé, l’autre jour, sur un ton très naturel, d’un « dîner à quatre copines (deux couples) » qu’elle avait organisé, évoquant une des conversations de la soirée. De manière très inattendue, j’ai senti aussitôt un pincement au cœur, voire un peu de ressentiment à l’égard de cette amie, blessée voire jalouse de ne pas en avoir été.
« En être de quoi ? » s’emballe aussitôt mon Surmoi, toujours en veille. Je ne suis pas « en couple », n’aspire pas à l’être (au moins pas sous la forme couramment entendue) et j’ai toujours eu une sainte horreur des « dîners » même entre amies. Je trouve l’exercice convenu et le dernier auquel j’ai participé m’a coûté ces fameuses vacances à l’origine de mes Fragments d’un discours politique. Ce texte est-il une raison suffisante de regretter de ne pas pas fréquenter les dîners ?
J’en ai discuté avec Isabelle, souhaitant comprendre ma réaction. Elle m’a confirmé, surprise également, que depuis qu’elle me connaît, j’ai toujours fui les dîners autant que l’idée d’être « en couple ». Alors ? Alors ? J’y réfléchis depuis et me demande si cet épisode n’est finalement pas la mise en lumière de la solitude que j’exprimais dans mon premier billet sur ce fameux voyage, solitude aussi incontournable qu’excluante.
Je n’ai pas envie de m’exclure du monde. Et pourtant j’en suis en grande part exclue par les choix politiques que j’ai faits, notamment dans mes pratiques sociales. C’est bien fait pour moi ? Je n’ai pas envie de cette conclusion-là.

 

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