Paris @34

Venne à vêtementsJe rentre de ma balade quotidienne par une rue à forte circulation automobile. Nous sommes un vendredi. Il est 16 heures 30. Le trottoir est large. Sans y avoir foule, des personnes y circulent en permanence.
J’arrive non loin d’un passage piétonnier qui me permet de rentrer en évitant trois cents mètres d’automobiles. Une benne à vêtements est là. C’est celle que d’ordinaire j’utilise. Ce n’est pas le modèle avec un gros rouleau horizontal à logements où l’on dépose un sac avant de l’activer avec une large poignée ; là, on pose son sac dans l’ouverture à droite ou à gauche du centre, on pousse un peu, et il tombe directement à l’intérieur en passant par le centre.
Deux femmes marchent devant moi. Elles sont accompagnées d’un enfant. Elles s’arrêtent devant la benne. Quelque chose m’intrigue, je ne sais quoi. Je ralentis. La plus âgée des femmes attrape l’enfant par la taille. Elle le soulève. Je m’arrête. Il engage sa tête par l’ouverture. Il se contorsionne. Son corps est déjà à moitié à l’intérieur. Je suis sidérée.
Que faire ? Je ne sais pas. La scène m’est difficile. Je rentre chez moi. J’en parle le soir avec des voisines et les correspondants de nuit. Appeler la police ? Les correspondants de nuit y sont favorables, me suggérant aussi de les appeler eux. Je préfère. Ce qui m’importe, c’est la protection de l’enfant. Un article de MetroNews (ici), lui, s’intéresse plus au « vol ». Le mot ne me serait même pas venu à l’esprit. Je ne suis pas allée au bout de mon envie d’ingérence humanitaire pour ces personnes qui font les poubelles (). Je manque de courage, parfois. J’en suis marrie.
Et cette question : l’enfant est-il ressorti de là indemne ? Physiquement, sans doute. Pour le reste… On ne sort pas indemne de la misère, quand on en sort. J’enrage.

 

6 commentaires pour Paris @34

  • Salanobe

    Evidemment qu’il parle de vol. C’est un sacré business le recyclage de vêtements. Je me demande quel serait l’intérêt d’une intervention de la police.
    Qui sont les correspondants de nuit ?

    • Cécyle

      J’avais vu un reportage sur le marché du recyclage de vêtements. Du recyclage en général. Mais ce qui m’a d’emblée intéressée ici, c’est la protection de l’enfant. N’est-ce pas aussi le rôle de la police ?
      les correspondants de nuit sont des médiateurs sociaux. Ici.

      • Salanobe

        Je pense que cet enfant a plus besoin d’être protégé de la misère que de cette benne. Et le rôle social de la police est assez limité. Si ces gens n’ont pas de papiers, quelle sera la suite ? Dans ce cas, je crois que les médiateurs sociaux seraient plus appropriés.

        • Cécyle

          Ils n’ont malheureusement aucun pouvoir ! La prochaine fois, j’appelle le 119.

          • Salanobe

            Ils ont le pouvoir de discuter 😉 , l’avantage d’être probablement ceux qui peuvent être les premiers sur les lieux, de bien connaître le secteur… Combien de temps a duré la scène ? A moins d’être sur place, personne n’interviendra à temps. Est-ce que la solution vers laquelle se tourner, ne serait pas de ne proposer que des contenants sécurisés.

          • Cécyle

            Les conteneurs sont en effet en voie de sécurisation.
            L’expérience me fait douter de la rapidité de leur intervention ; la police est toujours plus efficace (j’en suis marrie). Ils m’ont promis d’être vigilants.

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