Couperet @10

ParapluiesJ’ai découvert au hasard d’une actualité le 25 février dernier que Patrick Henry est toujours en prison. Patrick Henry. Cet homme a enlevé et tué un enfant de 7 ans, Philippe Bertrand, en janvier 1976. Ses mobiles étaient « crapuleux » (il demandait une rançon). Il est condamné l’année suivante à la réclusion criminelle à perpétuité, échappant de peu à la peine de mort qu’il avait lui-même réclamée devant les caméras de télévision pour l’assassin de Philippe Bertrand alors que la police cherchait encore l’enfant.
Je me souviens de « l’affaire » Patrick Henry, de son procès, des débats autour de la peine de mort sur le souvenir de l’exécution de Christian Ranucci dont la culpabilité fait toujours doute. Je me souviens de sa première liberté conditionnelle, vingt-cinq ans plus tard, qui s’est soldée par un délit (trafic de cannabis). Si l’on m’avait demandé où était aujourd’hui Patrick Henry, j’aurais dit qu’il était finalement sorti de prison, peut-être, ou qu’il était mort.
Cela fait si longtemps…
Le temps ne peut-il donc pas effacer le meurtre d’un enfant ?
Il ne le peut pas, j’en suis convaincue.
Par contre, que signifie de maintenir en prison un homme quarante ans ? N’a-t-il donc pas fait sa peine ? Veut-on qu’il y meure afin de prouver que « justice est faite » ? Justice pour qui ? Cet enfant mort ? Ses parents ? Que serait la justice si elle ne regarde que du côté des victimes sans se préoccuper des assassins ? Le crime doit être puni. Doit-on également détruire la personne qui l’a commis ?
La cour d’appel de Paris dira le 31 mars si Patrick Henry obtient une liberté conditionnelle après que le tribunal d’application des peines à Melun la lui ait accordée le 7 janvier et que le parquet ait fait appel. Cette mesure d’élargissement était assortie d’un « parcours de probation » soit « plusieurs permissions de sortie sur trois mois, puis un régime de semi-liberté dans un centre de Lille pendant six mois, et enfin huit mois de port du bracelet électronique. »
Quarante ans de prison et dix-sept mois de probation, cela ne suffirait-il donc pas ?
Je ne comprends pas.

Note. J’emprunte l’illustration à deux billets, un d’Isabelle Exposer @6 et le second que je signe, Couperet @6.

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