Couperet @9

Helen Zahavi, Dirty week-endDimanche 31 janvier 2016. Le président de la République gracie Jacqueline Sauvage ! Youpi ! Hi hi ! Chouette ! Et voilà que les réseaux féministes s’emballent, annoncent la sortie de prison de Jacqueline Sauvage, une victoire dans la lutte contre les violences faites aux femmes… « Nous sommes heureuses. » dit le Collectif pour les droits des femmes.
Heureuse ? Le suis-je aussi ?
Au fil des heures, ma première réaction à la nouvelle reçue par texto d’Isabelle perd un peu de son éclat.

« Le président de la République, en application de l’article 17 de la Constitution et après avis du ministre de la justice (sic), a décidé d’accorder à Madame Jacqueline SAUVAGE une remise gracieuse de sa peine d’emprisonnement de 2 ans et 4 mois ainsi que de l’ensemble de la période de sûreté qu’il lui reste à accomplir.
« Cette grâce lui permet de présenter immédiatement une demande de libération conditionnelle. » [Communiqué de la présidence de la République]

Nous y voilà. Jacqueline Sauvage s’est vu attribuer une « remise gracieuse de sa peine », ce qui est bien loin d’une « amnistie » que seul le législateur peut accorder (article 34 de la Constitution). Autrement dit, Jacqueline Sauvage n’est ni plus ni moins dispensée de peine mais sa condamnation reste inscrite à son casier judiciaire, son « crime » reste entier, sa condamnation pénale indélébile.
J’avoue que je suis un peu contrariée par la confusion que j’ai pu faire entre « grâce présidentielle » et « amnistie » ; je la connais pourtant, la différence, mais j’avais envie de croire que le verdict de la cour d’assises pouvait être judiciairement sanctionné tant la peine était lourde, et notamment les cinq ans de « période de sûreté » ; mais que craignait-on de cette femme pour lui infliger une telle peine ? Que, sortie trop vite de prison, elle engage une lutte armée contre la domination masculine et en assassine d’autres exécuteurs ?
Cela me rappelle un roman d’Helen Zahavi, Dirty week-end (1991). Je vous le recommande.

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.