Pédé ! @8

SOS homophobie chienCela fait des années que je soutiens SOS homophobie et je peux dire que j’ai de l’affection pour cette association. Sans doute parce que j’y ai milité à la fin des années 90, participant à la transformation du rapport annuel du format photocopie au format livre. Surtout parce que c’est au sein de cette association que j’ai rencontré Isabelle… Ça ne nous rajeunit pas !
De l’affection, donc, ce qui a pour conséquence que j’ai un a priori favorable quand je lis ses articles, suis ses campagnes, a priori qui me fait oublier très vite quelques phrases malheureuses ou positions parfois instables. Mais là, en ce début 2016, je suis vraiment embêtée. Est-ce que je vieillis mal, que je perds tout humour, à considérer que SOS a choisi le dénigrement des personnes pour sa dernière campagne contre l’homophobie ?
Qu’est-ce d’autre, en effet, que du dénigrement que cette façon de modifier « à la rigolade » le nom des personnes et de les représenter comme des chiens ? Bien sûr, ils sont sympathiques, ces chiens, au point d’ailleurs que l’on se demande si le mépris exprimé n’en serait pas tellement altéré par ces bonnes gueules de toutous que ces politiques qui ne respectent pas leurs promesses en deviendraient sympathiques. Une campagne ratée, en quelque sorte.
Je ne sais pas. Je sais juste que si la SPA usait de procédés identiques avec le président de SOS homophobie, renommé pour la circonstance « Yohann Rose et Vice », représenté, comme Christine Boutin, en chien-chien tapette à souhait (ci-contre), avec cette phrase « Cette année, je ne tiendrai pas de propos caniphobes », je vois d’ici poindre les réactions indignées des caciques et des usagers des réseaux sociaux de notre communauté à la gaytitude bien pensante.
L’homophobie se vaincra en changeant le monde, par une opposition radicale à l’ordre bourgeois, hétérosexiste et raciste. Les campagnes de « comm’ » à deux (pédales) wah-wah n’y pourront rien et, à utiliser le dénigrement, elles font la preuve qu’elles ne sont pas de meilleure humanité que le monde qui nous opprime. C’est le lot de la lutte pour l’égalité des droits, je suppose, une lutte qui oublie qu’elle cautionne, par la nature même de sa revendication, le système qu’elle est censée combattre.
Sommes-nous condamnés à être des promeneurs de chiens comme les autres ? Je gage que non. Ou alors, je pleure !

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