Corps @15

Pas sur la boucheQuelques jours avant ses vacances, je suis allée porter ses étrennes à mon gardien. Chaque année, il m’embrasse à cette occasion, en me demandant la permission. J’accepte toujours très volontiers ; il fait partie de ces hommes dont j’apprécie le charme. Le reste de l’année, on se serre plutôt la main, sauf dans les grandes occasions (la mort de ma-Jeanine, par exemple, le Nouvel An, un anniversaire). J’aime que nous gardions nos distances même si nos relations sont toujours chaleureuses. Je n’oublie pas qu’il représente mon bailleur.
Le lendemain, en rentrant de dérouler, je le croise. Il sort les poubelles. D’ordinaire, il retire un gant pour me serrer la main. Là…
— Je vous embrasse, madame Djung.
Je me laisse faire avec un sourire, prenant conscience un peu tard que je suis trempée de sueur et que je ne dois pas sentir très bon même si, à manger peu de viande, j’ai remarqué que ma sueur en devient sucrée.
— Excusez-moi, je ne dois pas sentir très bon… J’espère que ce n’est pas pire que vos poubelles.
— Oh ! mes poubelles, je n’ai pas à me plaindre.
Comment je dois le prendre ?
En remontant chez moi, je me rends compte que des relents de son après-rasage se sont déposés sur mes joues. Le temps de ma gym, l’odeur persiste. Quand je pense que je suis lesbienne justement pour ne pas devoir supporter les effluves d’après-rasage… Ah ! l’essence de fille. Inégalable !

2 commentaires pour Corps @15

  • Salanobe

    « Oh ! mes poubelles, je n’ai pas à me plaindre. » Hi hi hi ! Il est drôle, votre gardien !

    • Cécyle

      Un bonheur ! 😉

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