Bigleuse @64

Un TGVIl n’y a pas grand-monde ce dimanche matin dans le TGV. La voiture de première où je suis installée compte une petite quinzaine de voyageurs. Parmi eux, un jeune homme, handicapé mental, accompagné de deux personnes, ses parents, je suppose.
Ils parlent en espagnol. Lui ne parle pas. Il gémit, pousse quelques cris, gémit encore. Les tunnels l’inquiètent. Il s’agite. Il tape dans ses mains. Il se tait. Puis crie cette fois. Si je peux le dire ainsi, il a le comportement normal d’un handicapé mental profond.
Dans les deux places de l’autre côté du couloir, un couple. L’agitation de ce jeune homme les dérange. Les inquiète ? Je ne sais pas. L’homme propose à la femme de changer de place ; en s’éloignant un peu, ils pâtiront moins des sautes d’agitation de ce jeune homme.
Sa mère lui parle beaucoup, en douceur. Dés qu’il crie trop fort, elle sort un pot de crème ou de yaourt et le lui donne à manger. Au troisième, il s’endort, se réveille très vite, se calme à nouveau. Je repense à la question de ce couple qui, en fin de compte, est resté à sa place. En changer, c’est afficher le fait que ces cris dérangent et ce n’est pas très convenable. Ne pas en changer, c’est accepter de les supporter.
C’est vrai que c’est dérangeant. Avant la question (bouger ou pas) de l’homme, je ne me l’étais pas posée. J’y réfléchis mais ne trouve pas la réponse. Peu me chaut les bons sentiments sur fond de culpabilité et s’il y a de la place, autant bouger. Mais peut-être n’est-ce pas la bonne question ? Car ce garçon est dérangeant mais ne me dérange pas. Le handicap mental ne m’a jamais dérangée, moins qu’un enfant qui pleure ou des bavards qui parlent fort. À chacun ses bêtes noires !

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