Charlie @9

Delacroix

La Liberté guidant le peuple, Eugène Delacroix (1830).

Ce matin, Cécyle avait programmé un billet sur sa ceinture noire. Vous le lirez mardi. Car ce matin, il y a urgence à dire notre peine et notre effroi, à exprimer notre fraternité avec les victimes et leurs proches, à vous témoigner notre affection à vous Hétéronautes, avec qui nous partageons nos billets au fil des jours.
Urgence.
C’est l’état d’urgence.
La vie en Hétéronomie continue même si nous sommes sonnées. La vie continue. Et avec elle, plus que jamais, nos engagements pour la liberté. Elle seule nous sauvera de tous les obscurantismes et de toutes les barbaries. C’est elle qui était visée, dans ces rues populaires de Paris, ces cafés, ces restaurants, au Bataclan, au Stade de France ; la liberté de boire un verre, d’écouter de la musique, d’assister à un match de foot. Après la liberté de création et de croyance en janvier, la liberté du quotidien.
Nous sommes d’autant plus touchées que les quartiers visés dans Paris sont des quartiers où Isabelle a vécu, des quartiers où elle compte beaucoup d’amis, des quartiers qu’elle traverse presque tous les jours. Nous sommes touchées au cœur, comme vous toutes et tous, avec la proximité qui rend ce bain de sang encore plus insupportable.
Demain, ou après-demain, nos billets reprendront leur cours mais nous, nous n’oublierons pas. Nous sommes marquées à jamais par ce deuxième attentat majeur à Paris pour cette seule année 2015. Notre chair est intacte mais nous sommes blessées dans notre citoyenneté. Nous sommes vivantes ! Nos pensées les plus intimes vont à tous celles et ceux qui ont perdu la vie dans ces attaques, dans cette guerre et toutes les autres. Il nous appartient d’honorer leur mémoire en défendant partout les valeurs qui fondent la République, la justice et la démocratie, la liberté, l’égalité, la fraternité.
Prenez soin de vous. La lumière a besoin de nous tous pour ne jamais s’éteindre.

10 commentaires pour Charlie @9

  • Isabelle

    Souvent, je me suis dit que l’on avait de la chance de ne pas être dans un pays en guerre. À Paris, nous vivons aujourd’hui dans une situation que tant d’autres connaissent et dont nous nous pensions préservés. Ces lieux touchés sont ceux de ma vie adulte, proximité géographique qui supprime la distance d’avec la violence qui sévit chaque jour sur différents points de la planète, entre aperçue par écran interposé. On ne lâche rien, mais tant d’impuissance me saisit.

  • Laurie

    J’évolue dans un contexte international, où se côtoient chaque jour des centaines de nationalités. Et ce weekend j’ai recu un grand nombre de messages de soutien (moi qui ne suis connectée à aucun réseau social), et pas forcément de qui on pourrait s’attendre. Du petit sms « ca va? » au mail de condoléances, finalement ca fait chaud au coeur. Et ca redonne un peu d’espoir.

    • Cécyle

      Oui, cela fait chaud au cœur de recevoir tous ces messages de soutien ! J’en ai même eu un de Suède. Merci Laurie 😉

    • Pleiiiiin des biiiisous aux copaiiiins cariiiibous !

      • Euh, Petit Mouton, y’a pas de caribous en Suède…

        • C’est pouuuuur la riiiiiime !

          • Poète, va.

          • Cécyle

            Tu as raison Petit Mouton, c’est plus joli que des bisous aux copains forams. On leur fait des bisous quand même ! C’est pas parce que l’on est unicellulaire que l’on n’a pas besoin d’amour, surtout en ces temps d’acidification des mers.

    • Isabelle

      Laurie, oui, ça fait du bien tous ces messages. Merci à toi 😉

  • A « Petit mouton », le poète…
    « A ces heures confuses de nos places dans le monde et de la justesse de nos engagements, il y a des paroles possibles, celles des poètes qui reposent les questions et apaisent nos violences, pour ouvrir un champ de réflexion autre politique : un champ intime et singulier, unique, du temps pris pour soi pour ne pas se perdre trop vite. »
    Peter Handke. « Par les villages », 1982.

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