Sainte Marie Joseph @14

marronCe mardi, je suis rentrée du judo des larmes plein les yeux. La journée avait été bonne, le cours de judo plutôt agréable jusqu’aux dix dernières minutes consacrées aux randoris.
Ces combats d’exercice, surtout en version debout, n’ont jamais été ma tasse de thé car justement, debout je ne tiens pas et je tombe souvent avant même d’avoir pu engager ce que je sais faire. Je ressens beaucoup de frustration et d’impuissance. Alors, souvent, je zappe, jouant un peu la fatigue.
Mais ce mardi, j’y suis allée vaillamment, ce d’autant que le 29 novembre prochain je dois passer l’épreuve des randoris de la ceinture noire. Je dois donc m’exercer à m’adapter à mes partenaires, pas chercher à gagner, juste montrer ma capacité à attaquer et à bien réagir aux attaques.
Sur les quatre randoris du soir, j’en ai fait un avec Jean-Mi et un autre avec sensei Romuald. C’est surtout le premier qui m’a fait sentir les larmes monter, le second confirmant mes sensations sans les exacerber. N’allez surtout pas croire que Jean-Mi a été rude ou peu attentionné ! Au contraire même ! Il sait que je dois travailler et fait tout ce qu’il sait pour me mettre en difficulté sans m’accabler et me laisser des ouvertures.
Pourtant, j’ai senti mon impuissance et mes déséquilibres avec une force qui m’a blessée. Sans doute que je m’y croyais un peu trop après mon stage à Sainte Marie Joseph. Je le sais, pourtant, que je ne tiens pas debout, que je dois faire avec, que je dois construire mon judo autour de cela. Mais me retrouver quatre fois les fesses par terre après une chute qui ressemble plus à un affaissement qu’à une belle chute avant m’humilie. C’est fréquent pourtant. Mais je ne m’y fais pas.
Je vais aller passer l’épreuve des randoris le 29, peut-être le jiu-jitsu (mais cela m’étonnerait que je sois prête) et je déciderai selon la manière dont cela se passe si je persévère ou pas. D’ici là, je risque d’avoir d’autres retours à pleurer sur mon pique-nique dans le métro et dois me préparer autant à réussir qu’à devoir affronter l’inéluctable échec.
Est-ce que c’est possible ? À l’instant, je l’ignore. Il va pourtant falloir que j’y croie.
Hajime !

Note. J’ai écrit ce billet il y a presque deux semaines. Depuis, j’ai pris ma décision après d’autres randoris malheureux : je ne passerai pas cette épreuve ; j’ai atteint ma limite. Et la ceinture noire alors ? Mirage…

marron

2 commentaires pour Sainte Marie Joseph @14

  • Salanobe

    Il n’existe pas d’épreuves adaptées aux handicaps ?

    • Cécyle

      Si, les épreuve sont adaptées. Par exemple, pour le Nage no kata, je n’ai pas fait les chutes et la version que j’ai présentée était adaptée. Pour les randoris, je suis signalée en tant que déficiente visuelle, j’ai un jury particulier mais mes partenaires, que je ne choisis pas, ne seront eux pas adaptés. Quand je vais engager une prise, ils n’ont pas de raison de me tenir debout alors que je suis en train de les déséquilibrer. Il s’agit de combats d’exercice, mais combats tout de même. Je serai donc tombée avant même la finalisation de ma prise, même s’ils sont très gentils avec moi.
      L’adaptation a ses limites. J’apprends l’humilité 😉

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