Sainte Marie Joseph @10

« Die Angst des Tormanns beim Elfmeter »… Cela y ressemble !

« Die Angst des Tormanns beim Elfmeter » ? Cela y ressemble !

Cette dernière semaine (avant mes vacances) de stage en bigleuserie s’est finie en beauté, avec l’idée que j’ai entre les mains tout ce qu’il faut pour gérer mes déséquilibres, vivre en totale harmonie avec ma déficience visuelle qui n’est définitivement pas un handicap mais une part essentielle de mon identité.
Mercredi, l’orthoptiste, en deux exercices sur papier (relier des points ; repérer des figures parmi de multiples autres) m’a confirmé que mes stratégies visuelles s’appuient sur des stratégies kinésiques particulièrement efficientes. Nous avions identifié cela avec Isabelle et maman quand nous avons travaillé sur Tu vois ce que je veux dire. Cette confirmation est venue me rappeler, comme beaucoup de petites et grandes choses durant ce stage, que je suis bigleuse, non pas au sens où je vois mal, mais au sens où je fonctionne, je pense, j’agis, j’éprouve (j’aime ?) avec ma déficience visuelle comme déterminant principal, manière d’être encore plus que de voir.
Ce mercredi toujours, j’ai appris avec l’ergothérapeute à reconnaître les pièces de centimes d’euros et à utiliser le mobilier de ma cuisine et de ma salle de bains pour assurer mes appuis. Des trucs très utiles ! Puis est venu vendredi. L’après-midi a commencé avec une séance de locomotion. J’avais apporté une question sur le « Cédez le passage cycliste » dont je n’avais pas compris le fonctionnement. Je vais pouvoir travailler sur la réponse dès ma prochaine balade. Après cela, j’ai dit au revoir à ma copine de salle d’attente (on s’est collé la bise) et est venue ma séance de psychomotricité.
Nous avons fait le point sur les acquis de ces sept semaines puis avons travaillé de nouveau la chute avant yeux ouverts par-dessus une ceinture… puis par-dessus une couverture… roulée d’abord… étalée sur cinquante centimètres de large ensuite. Autant la semaine dernière l’exercice m’avait épuisée, autant cette semaine il m’a mise en joie, heureuse et fière de la récidive ; émue aussi par cette psychomotricienne qui fait partie de ces gens capables de donner la force d’aller plus loin, le courage. L’envie ?
Oui, l’envie aussi car comment passer outre un « blocage », conscient ou inconscient, élucidé ou obscur, si l’on n’en a pas le désir ? C’est si confortable, finalement, de s’accrocher à ce qui coince, à ce qui fait mal plutôt que de prendre le risque d’aller au-delà (dans l’au-delà ?) Où va me mener cette chute avant si je me propulse bien haut ? Vais-je m’envoler ? Et là où je vais atterrir, est-ce toujours la Terre ?
Ne croyez pas que j’exagère la question. Cette chute avant à travers le bouclier de monsieur Spock est tellement symbolique ! Et je suis heureuse d’avoir pu vivre cette expérience avec « ma » psychomotricienne de Sainte Marie Joseph. Je sais qu’elle a partagé ma joie ; au-delà de sa compétence, c’est sans doute cela qui la rend si remarquable ; sa sincérité.
Pour finir la séance, nous avons parlé de là où je dois aller, et dont j’ai très peur (mais pourquoi je pleure en écrivant cela ?) ; les douze techniques d’attaque du jujitsu. Elle m’a expliqué que plus j’en aurai peur, plus je douterai, plus je serai en déséquilibre. Elle a raison, je le sais. Durant nos séances, quand j’évoquais une peur, elle me la faisait toujours décortiquer pour en mesurer le caractère subjectif, arguant du plaisir que l’on pouvait avoir à se projeter dans une dimension inconnue. Car c’est bien de cela dont j’ai peur : me projeter là où je perds le contrôle. Mais qu’est-ce que je risque ? L’inconnu ? L’échec ? Et alors ?
Je n’ai de toute façon pas le choix. Merci madame la psychomotricienne de me l’avoir si admirablement rappelé.
Hajime !


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