Sainte Marie Joseph @9

BNFAForte de mes apprentissages à Sainte Marie Joseph, je suis partie pour m’occuper de quelques petits soucis d’adaptation que j’ai négligés jusqu’alors. Après l’acquisition d’une webcam, je me penche de nouveau sur l’acquisition d’un smartphone (je lorgne sur un vieux Samsung S2 ou S3, si vous en avez un qui dort au fond d’un tiroir, faites-moi signe…) qui fera office de loupe électronique, de GPS piétons et, qui sait, de téléphone.
C’est dans ce contexte que Sarah m’a passé Vernon Subutex, le dernier Despentes. J’ai lu quelques lignes, me suis d’emblée régalée moi qui, jusqu’à présent, n’avais guère apprécié son écriture romanesque. J’ai pensé alors le lire en numérique, sur Tranquille. Le roman m’intéressait ; c’était l’occasion rêvée de tester la lecture sur tablette portée par un désir de lire (qui ne m’est pas si fréquent).
Je tiens tranquille une demi-heure, sans fatigue ; sur papier, je tiens quinze à vingt minutes et en ressors les yeux explosés. Le bonheur ! Et si je me remettais un peu à lire ?
Je me souviens alors avoir eu des mots avec l’association BrailleNet qui cogère la BNFA et propose ainsi Tu vois ce que je veux dire aux déficients visuels. Au début, ils me payaient chaque année des droits d’auteur. Puis est intervenu un changement de législation : les auteurs et éditeurs sont contraints de mettre à disposition gratuitement à des associations accréditées les manuscrits pour qu’ils soient adaptés aux déficients visuels.
La nouvelle législation me prive de droits d’auteur, ce que je ne comprends pas. Je veux bien que les fichiers soient mis à disposition d’associations qui les rendent accessibles. Mais pourquoi les déficients visuels seraient privés du droit de payer les livres qu’ils lisent, en les achetant ou via le droit de prêt, les deux ouvrant rémunération de l’auteur ? Par charité mal placée ? Parce qu’ils sont tous pauvres ? Parce que, quand même, ces pauvres petits gn’handicapés… Allez savoir !
J’ai donc trouvé le site qui met ces livres à disposition, avec l’idée de profiter d’un système qui me spolie de mes droits ; une manière, au final de me rémunérer. D’emblée, je constate que le site est en blanc sur noir ; il m’explose les yeux mais c’est comme ça, il paraît que les bigleux aiment cette forme-là. Pas moi. Je m’inscris et tente de charger un pdf ; j’ai un message d’erreur. Je dois demander une clé que je paie 20 euros pour lire les pdf ; « protection du droit d’auteur », argue mon interlocuteur, qui me confirme ensuite que je ne pourrai pas transformer les pdf en ePub afin d’avoir un véritable confort de lecture.
Sachant que ces braves gens sont seuls à décider du contenu de leur catalogue et que seul un ouvrage sur trois semble disponible au format texte (le reste est en sonore), que leur site n’est pas adapté à tous les bigleux, que je ne pourrai pas lire leurs fichiers au format que je veux, tout cela à cause de ces mécréants d’auteurs qui veulent que d’autres mécréants protègent leurs droits sans les rémunérer, j’ai demandé ma désinscription immédiate du site. Les « marchands de handicap », commerciaux ou associatifs, sont décidément des gens infréquentables !

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