Bigleuse @61

Carte d'invaliditéJe me cherche depuis un moment une consultation en « posturologie » qui prenne en charge de manière globale les douleurs chroniques de mon épaule gauche à ma hanche droite dont le point de départ est mon nystagmus, mon absence de vision binoculaire et les postures de compensation qui en découlent. J’avais un bon kiné qui avait su travailler tous les nœuds de la chaîne. Il est parti à la retraite et les suivants ne se sont jamais vraiment intéressés aux causes ophtalmiques de ces blocages, allant au plus pressé de la douleur sans chercher à éviter qu’elle ne se reproduise.
Grâce à la mission Handicap de l’APHP, j’ai été reçue en pré-admission dans un service hospitalier d’accueil de déficients visuels. Ce service prend essentiellement en charge des personnes qui perdent la vue (maladie, accident) mais ma demande d’un travail global sur ma posture afin de réduire mes douleurs et de faire en sorte qu’elles ne se reproduisent pas a été entendue. Le médecin-chef qui m’a reçue m’a tenu un discours sur la déficience visuelle, le handicap, leur prise en charge que je rêvais à peine d’entendre tant il était juste, précis et respectueux de mes 52 ans de déficience visuelle.
Ce médecin m’a ainsi proposé une prise en charge conjointe en kinésithérapie et orthoptie (ce que je cherchais au départ) mais également en psychomotricité, optique, locomotion et ergothérapie analytique et de vie quotidienne, considérant que dans les trois derniers domaines, il n’était pas acquis que les professionnels concernés aient quelque chose à m’apprendre tant j’avais quelques décennies d’avance en matière de suppléance sensorielle. Mais cela ne vaut-il pas la peine de tenter le coup ?
Bien sûr, que cela vaut la peine ! Je risque d’être déstabilisée par ces savoirs différents de mon expérience, bousculée même. Je risque également de m’en agacer s’ils sont hors de propos mais ce travail global me semble d’une rare pertinence. Le médecin-chef n’a pas cessé lors de notre entretien de parler d’échange entre les professionnels et les patients, les uns apprenant des autres, tirant chacun du savoir de l’autre le meilleur pour lui-même sans aucune visée normative. Il n’a pas exclu que très vite certaines disciplines se révèlent inutiles, ou que d’autres besoins se fassent sentir.
Je commence donc le 24 juin, à raison de deux après-midi par semaine. C’est un gros investissement en temps. Et j’ai un peu les pétoches que l’on me bouleverse mes équilibres. Tant pis ! J’y vais avec l’idée que je fais un « stage en bigleuserie ». À mon âge ? Il était temps !

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