Kendo @18

KendoAu jujitsu, quand on porte un « atemi », soit un coup à une partie vitale de son adversaire, il convient de « pousser un cri » qui exprime l’énergie libérée, le « kiai ». Depuis ce fameux cours de kendo qui vaut ce titre à cette série de billets, je n’ai guère progressé, ni dans ma capacité à porter un coup (amorti et paré, bien sûr), ni dans celle de pousser un cri. Il le faut pourtant, cela fait partie de l’exercice.
J’ai commencé par demander son aide à Sarah, qui fait du kung-fu… et de la psychologie ! Les deux sont ici très utiles car mon incapacité à crier remonte à tous ces ateliers d’expression corporelle, théâtrale et autres exercices à visée charlatano-thérapeutique que j’ai croisés dans ma longue vie de colon puis de militante de l’éducation populaire. Ah ! ces « séances » à deux balles où l’on est enjoint d’extérioriser ses émotions, son énergie, de « retrouver le cri primal » au péril de son propre équilibre ! J’en ai une profonde aversion (cela doit se sentir) et me suis toujours placée au ban de ces impostures psycho-intrusives. Mon corps m’appartient ; mon psychisme aussi.
Il me faut donc dissocier le kiai de ces « activités de ressourcement » artificiel, me l’approprier en lui trouvant du sens dans ma pratique sportive. Sarah m’a invitée à souffler en m’indiquant la démarche, me faisant sentir le trajet de l’air, quand il part, quand il ricoche, le coup qui va avec… Depuis je travaille l’un et l’autre à l’occasion de mes séances quotidiennes de gym en salon. Je prends la posture d’attaque et je lance le poing. Même Caddie se planque, pas prêt, semble-t-il à se prendre des coups perdus. Son courage a des limites. Je compatis.
Je travaille, donc. Sur moi, forcément. Et ce matin (le 8 avril), un miracle s’est produit. Un cri est sorti de ma gorge, puis un autre ; et je n’ai pas éprouvé cette honte qui d’ordinaire contraint le cri au tréfonds de mes entrailles. Au troisième, j’ai senti le coup partir avec l’énergie de se trouver une cible. Oh ! c’était encore un petit cri, mais cri tout de même au point que je suis avide de recommencer. Dès demain. Crier. Enfin.
— Tous aux abris !
Caddie !

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